Gérard Darmon : face à de graves accusations, il s'exclut de lui-même d'un festival

Publié par Julien Pinardi
le 23/05/2026
Gérard Darmon
Autre
Visé par des accusations de violences sexistes et sexuelles émanant de neuf femmes, Gérard Darmon a officiellement renoncé, ce vendredi 22 mai 2026, à présider le Festival du premier film de La Ciotat.

Depuis plusieurs jours, la présence de l'acteur de 78 ans suscitait de vives tensions sur la scène culturelle. Face à l'ampleur de la controverse, le comédien a préféré se mettre en retrait afin de préserver cet événement historique qui se déroule à l'Éden-Théâtre, connu pour être la plus ancienne salle de cinéma au monde.

Un désistement en urgence face à une polémique mondiale

Le 22 mai 2026, Gérard Darmon a officiellement annoncé qu'il abandonnait son siège de président du jury du Festival du premier film de La Ciotat. Cette décision intervient après une forte mobilisation de la Collective féministe locale et l'annonce du retrait du maire de la ville lors de la cérémonie d'ouverture. Yves Alion, directeur artistique de l'événement, a justifié ce départ auprès de La Provence : "Gérard Darmon, sur le fond, se sent agressé. Sur la forme, il reconnaît que la situation s'est envenimée. Et, pour ne pas nuire au festival, à l'Éden, à La Ciotat berceau du cinéma, il se retire avec beaucoup de chagrin."

Neuf témoignages accablants au cœur de l'enquête Politis

Ces remous trouvent leur origine dans une investigation menée par l'hebdomadaire Politis en novembre 2024, puis relancée en mai 2026. Neuf professionnelles de l'ombre, dont des habilleuses et assistantes, dénoncent des propos et gestes déplacés survenus sur six tournages étalés de 2018 à 2024. Le témoignage d'une ancienne stagiaire prénommée Delphine résonne particulièrement. Âgée de 19 ans à l'époque, elle affirme que l'acteur lui a proposé de "faire l'amour" avant de l'insulter face à son refus. Comme le précise Libération, elle a assigné la société de production du film Vous êtes jeunes, vous êtes beaux pour défaut de protection. Sur les plateaux, ces collaboratrices décrivent un "sentiment permanent d'insécurité.".

La défense controversée du festival face au "vertige MeToo"

Avant ce retrait précipité, la direction du festival avait pourtant soutenu son président. Le programmateur fustigeait alors, selon Politis et Marsactu, "le vertige actuel autour de MeToo" et une tendance consistant à "éplucher le CV de tous les gens qui ont un petit nom". Toutefois, la posture a rapidement évolué après la démission. Yves Alion a fini par admettre dans les colonnes de La Provence que ce recrutement s'était fait par élimination : "J'avais mes quatre premiers jurés, j'avais besoin d'un comédien connu. Ce n'était pas le premier que j'avais joint, c'est le premier qui m'a dit oui".

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Un festival en crise et un remplacement déjà critiqué

Pour pallier cette absence de dernière minute, le réalisateur Jean-Pierre Améris a été nommé le jour même. Cependant, cette solution de repli soulève de nouvelles crispations. D'après Politis, une technicienne avait justement dénoncé des "remarques humiliantes" de Gérard Darmon sur le tournage de la dernière réalisation d'Améris, Aimons-nous vivants. En conséquence, l'organisation a décidé d'annuler la projection de ce long-métrage en clôture du festival, le remplaçant au pied levé par Marie-Line et son juge.

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