Flavie Flament : son témoignage choc contre Patrick Bruel sur une grande radio
Cette nouvelle prise de parole survient dans un climat où les piliers historiques du divertissement français sont rattrapés par leur passé. Déjà figure de proue de la libération de la parole depuis la sortie de son ouvrage La Consolation en 2016, Flavie Flament poursuit son action. Une semaine après avoir officiellement déposé plainte contre Patrick Bruel, l'animatrice a décidé de s'exprimer publiquement pour asseoir sa version des faits face aux premières dénégations du camp adverse.
Une détermination inflexible face aux micros
Le studio de la rue Bayard a écouté l'animatrice répondre avec une grande précision aux questions de Thomas Sotto. Lors de cette interview diffusée le 22 mai 2026, Flavie Flament a justifié sa démarche médiatique pour contrer la ligne de défense du chanteur. Sa position reste inébranlable : "Quand on détient la vérité, on ne change jamais de version", martèle-t-elle au micro de RTL.
Flavie Flament attendait "ce moment"
L'animateur lui pose ensuite la question : "Pouquoi avez-vous choisi de parler aujourd'hui ?", rapporte TV Magazine. La réponse est sans appel : "Parce que ça fait une semaine précisément que, que, que la plainte a été médiatisée. (...) Parce qu’il se passe depuis une semaine tant de choses, il se dit tant de choses. (...) J’ai voulu laisser faire parce que je pense que ce qui se passe aujourd’hui d’un point de vue médiatique et à l’échelle nationale, c’est ce qui se passe aussi parfois dans les foyers, dans les institutions, lorsque des victimes qui sont anonymes osent porter plainte, enfin. Et ensuite, parce qu’on ne parle pas dans le bruit. On ne m’aurait pas entendu dans ce bruit qui a été fait, dans ce chaos qui a été fait en réponse à cette information."
Thomas Sotto reprend : "Pourquoi maintenant ?". Flavie Flament n'hésite pas une seconde : "C’est un moment que j’attendais depuis longtemps. Ça n’était pas un moment que je redoutais, j’étais prête. (...) Ça s’est présenté à moi en début d’année avec la première enquête de Mediapart et je ne me suis pas posée de questions puisque je savais depuis des années que cette heure viendrait où j’enverrais ce fameux texto à la journaliste Marine Turchi en lui disant : "Je dois vous parler'."
Le soulagement après des années de silence
Citée par nos confrères, la plaignante poursuit : "Maintenant que j’ai parlé, je le vis comme une forme de soulagement. Vous savez, c’est quelque chose d’absolument fascinant, la parole des victimes, a-t-elle débuté. (...) On vit avec une parole étouffée en nous. (...) Ça n’est pas une plainte déposée comme ça. C’est quelque chose qui est un processus de deux mois et demi de travail. Je me sens soulagée d’avoir enfin parlé parce que ça faisait deux mois et demi que je vivais avec la torture du mal que l’on m’avait fait en moi. Et il fallait à un moment donné que je la partage avec le monde."
Le récit troublant d'une adolescente
Le cœur du dossier repose sur des événements qui se seraient déroulés trente-cinq ans en arrière. En 1991, la plaignante n'avait que 16 ans. Face aux arguments invoquant un éventuel consentement, elle rappelle avec fermeté l'immense asymétrie de pouvoir qui régnait alors. D'un côté, une jeune mineure ; de l'autre, une star de la chanson française jouissant déjà d'une forte notoriété. Pour Flavie Flament, cette différence d'âge et de statut invalide de fait toute idée de rapport consenti.
Thomas Sotto lui pose la question de savoir si Patrick Bruel connaissait son âge : "Indubitablement" lui répond-elle. Mais comment a-t-elle pu alors se retrouver dans son appartement ? "Je ne saurais pas vous dire. Je me souviens de Patrick Bruel appelant chez mes parents et je me souviens de ma mère dans tous ses émois parce qu’il avait appelé." Le chanteur était-il un copain ?
"Ah non, c’était ni un copain. J’étais comme toutes les gamines. J’écoutais Patrick Bruel. Je l’avais rencontré en fait sur un plateau de télévision parce que Laurent Boyer, à cette époque-là, me permettait d’assister à ses émissions. Et un jour, j’ai rencontré Patrick Bruel sur le tournage d’une de ses émissions. Et quelques mois après, je me suis retrouvée Rue Jussieu. Non, ça n’était pas un copain, c’était une star pour moi."
Les dénégations de la défense du chanteur
Flavie Flament revient ensuite sur le fameux trou noir qui aurait suivi la prise d'un thé chez le chanteur et revient sur l'épisode où elle dit se réveiller, Patrick Bruel lui remettant son pantalon et lui demandant de rentrer chez elle. Puis fustige la ligne de défense de la partie adverse : "Vous imaginez en fait, pour une victime mineure, de s’entendre dire qu’elle était consentante au mal qu’on lui a fait, au drame qu’elle a subi, qui a piétiné et ravagé son adolescence ? Ces allégations, cette diffamation, elle est absolument épouvantable."
Après les interrogations concernant les nombreuses fois où elle l'a par la suite reçu dans ses émissions, elle précise : "Je n’ai jamais eu les coordonnées de Patrick Bruel dans mon répertoire. Depuis une semaine, la diffamation varie. Les arguments de la défense varient. On parle d’une relation épisodique, ça devient une relation sur des années. On dit qu’on s’est croisé pendant des vacances et puis après, on nous dit qu’on est parti passer nos vacances ensemble tous les ans. (...) Toutes ces versions de l’histoire ne font que dénoter une fébrilité. Quand on détient la vérité, Thomas, quand on détient la vérité, on ne change jamais de version et on ne va jamais dans la surenchère. Jamais."
Une plainte pour diffamation et un face à face avec le chanteur ?
Thomas Sotto demande à Flavie Flament ce qu'elle compte faire face à cette stratégie : "On est en train d’étudier, effectivement, avec mes avocates Corinne Hermann et Sonia Kamoun, la possibilité d’actionner des leviers judiciaires. Mais ce qui se passe aujourd’hui, encore une fois, c’est l’illustration de ce qui se passe dans toutes les familles et toutes les institutions lorsqu’une victime porte plainte, on fait tout pour la faire taire et pour la décrédibiliser."
Enfin, concernant une éventuelle confrontation avec Patrick Bruel, elle déclare : "Je suis prête. Ça n’est pas une question d’impatience. Je suis prête comme pour tout le reste."