Marina Vlady : disparition de l'actrice emblématique à l'âge de 88 ans

Publié par Julien Pinardi
le 25/09/2026
Marina Vlady
abacapress
© Marechal Aurore/ABACA
Le cinéma français et international est en deuil après la disparition de Marina Vlady, comédienne récompensée au Festival de Cannes et femme de lettres, survenue ce 24 septembre 2026 à l'âge de 88 ans.

Révélée dès l'adolescence, celle qui a marqué l'âge d'or du septième art européen promenait une élégance slave doublée d'un tempérament farouche. D'une enfance bercée par l'exil et les arts jusqu'aux rôles marquants du grand écran, elle a traversé les décennies avec une audace singulière.

L'envol précoce d'une enfant de la balle au firmament du cinéma

Née Catherine Marina de Poliakoff-Baïdaroff en 1938 à Clichy de parents artistes russes émigrés, elle s'épanouit au sein de la fratrie des sœurs Poliakoff. Ancienne élève danseuse à l'Opéra de Paris, la jeune fille débute devant la caméra dès l'âge de 10 ans et s'adjuge le prix Suzanne-Bianchetti à 16 ans dans Avant le déluge. Son mariage précoce avec le comédien et réalisateur Robert Hossein, conclu à l'âge de 17 ans, lance une collaboration féconde illustrée par des films marquants comme Les salauds vont en enfer et Toi, le venin.

Du triomphe à Cannes aux chefs-d'œuvre d'auteur

La reconnaissance critique culmine en 1963, lorsque le jury du Festival de Cannes lui décerne le prix d'interprétation féminine pour Le Lit conjugal de Marco Ferreri, aux côtés d'Ugo Tognazzi. Déjà remarquée pour sa délicatesse dans La Princesse de Clèves de Jean Delannoy, elle devient rapidement une référence pour les cinéastes majeurs. Muse de Jean-Luc Godard dans Deux ou trois choses que je sais d'elle, l'actrice séduit également Orson Welles qui la dirige dans Falstaff, puis Bertrand Tavernier. Une fascination qui dépassait le cadre professionnel, Godard ayant même formulé une demande en mariage à son égard.

Amours de légende, dissidence et écriture

Son existence reste indissociable de sa passion ardente pour le chanteur et poète contestataire soviétique Vladimir Vyssotski, avec qui elle partage un quotidien intense jusqu'à la disparition de l'artiste en 1980. Cette épreuve oriente Marina Vlady vers la littérature, notamment avec le récit poignant Vladimir ou le vol arrêté. Dans son autobiographie 24 images/seconde, rappelée par TV5MONDE, elle résumait ainsi son rapport aux siens : "J'ai eu quatre maris, beaucoup d'amants et trois fils. J'ai vécu à côté d'eux et, donc, quand j'écris, c'est pour eux, parce qu'ils sont près de moi, avec moi." Elle s'engagera ensuite pendant plus de deux décennies aux côtés du cancérologue et militant Léon Schwartzenberg.

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