Les numéros de près d’un million de plaques d'immatriculation piratées : que risquez-vous ?

Publié par Matthieu Chauvin
le 26/10/2026
Plaques d'immatriculation françaises
New Planet Media
Un cybercriminel opérant sous le pseudonyme de ChimeraZ a mis en vente les coordonnées et les plaques d’immatriculation de près d’un million d'automobilistes français.

Une nouvelle alerte sécuritaire secoue les conducteurs de l'Hexagone après la découverte d'un vol de données d'une ampleur inédite. Alors qu'une seconde vague de piratage s'annonce déjà, les éléments dérobés exposent directement les propriétaires de véhicules à des campagnes d'escroqueries redoutablement ciblées.

Mise en vente de 847 000 plaques d'immatriculation et données personnelles

Le piratage, rapporte RMC, a été revendiqué le 24 octobre sur un forum cybercriminel par l'acteur malveillant ChimeraZ, un événement repéré et signalé par la plateforme de veille spécialisée French Breaches. La base mise aux enchères sur Internet regroupe un volume massif de données privées directement exploitables.

Le fichier mis sur le marché totalise 905 097 enregistrements, incluant précisément 847 064 plaques d'immatriculation directement associées aux noms, prénoms et adresses postales de leurs propriétaires. L'ensemble comprend également 506 003 adresses e-mail et 474 906 numéros de téléphone portable, livrant ainsi l'identité complète de centaines de milliers de conducteurs. La menace ne s'arrête pas là : le pirate a d'ores et déjà annoncé une publication prochaine visant "probablement 2 millions de plaques" additionnelles "dans les prochains jours."

Un risque majeur d'arnaques ultra-ciblées pour les conducteurs

Contrairement aux craintes initiales, le Système d’immatriculation des véhicules (SIV) géré par l'État n'a subi aucune intrusion directe. La fuite provient d'une faille de sécurité exploitée sur une plateforme marchande ou un service automobile tiers. Le cybercriminel l'a lui-même précisé : "Je n'ai eu besoin que d'une faille." L'auteur, ChimeraZ, s'est déjà illustré récemment lors d'exfiltrations ciblant les fichiers d'adhérents de plusieurs partis politiques français.

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Cette corrélation d'informations offre aux escrocs un levier redoutable pour bâtir des scénarios d'ingénierie sociale particulièrement convaincants. En combinant votre numéro d'immatriculation, votre patronyme et votre ligne mobile, les fraudeurs élaborent des pièges indétectables : faux avis de contravention, réclamations pour stationnement impayé ou relances de péages autoroutiers en souffrance. Cette concordance technique réduit la méfiance habituelle des victimes et augmente le danger d'usurpation de plaque minéralogique (la "doublette").

Conséquences pratiques et réflexes de sécurité pour les automobilistes

Face à la prolifération attendue des messages frauduleux, l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI) rappelle formellement ses règles opérationnelles. L'organisme public n'envoie jamais de SMS de relance intégrant un lien direct pour régler une amende, ni de formulaire réclamant des informations bancaires. Les avis d'infraction légaux parviennent exclusivement par courrier postal ou via des courriels d'alerte très stricts.

Pour vérifier la réalité d'une contravention sans vous exposer, utilisez uniquement le portail officiel de l'État : antai.gouv.fr. Ne suivez aucun lien cliquable transmis par messagerie instantanée ou courriel non sollicité. En présence d'un message suspect mentionnant votre véhicule, bloquez immédiatement le numéro de l'expéditeur, conservez les preuves et signalez la tentative d'hameçonnage sur la plateforme gouvernementale Cybermalveillance.gouv.fr ou sur le portail Pharos.

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