27 octobre : le jour où la France a inscrit l'égalité femmes-hommes dans sa Constitution...
27 octobre 1946 : La promulgation de la Constitution de la IVᵉ République
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la France adopte une nouvelle loi fondamentale approuvée par référendum le 13 octobre. Georges Bidault, président du gouvernement provisoire, promulgue au Journal officiel le texte instituant la IVᵉ République. Si ses rouages institutionnels souffriront vite d'une instabilité ministérielle chronique menant à sa chute douze ans plus tard, son texte inaugural recèle un legs juridique déterminant.
Son Préambule grave en effet dans le droit constitutionnel des principes cardinaux : il stipule solennellement que la loi garantit à la femme des droits égaux à ceux de l'homme dans tous les domaines, marquant une rupture historique en France. Il consacre également des droits sociaux majeurs, à l'image du droit d'asile, du droit de grève et de la protection universelle de la santé.
Toujours intégré aujourd'hui au bloc de constitutionnalité de la Vᵉ République, ce Préambule régit encore le contrôle exercé par le Conseil constitutionnel.
27 octobre 1870 : La capitulation contestée du maréchal Bazaine à Metz
En plein cœur de la guerre franco-prussienne, l'armée française essuie un revers dévastateur qui scellera le sort du conflit. Après plus de deux mois de siège rigoureux imposé par les troupes prussiennes, le maréchal François Achille Bazaine capitule dans la forteresse de Metz. Réputée imprenable, la place forte abritait la dernière grande armée régulière du pays, forte de plus de 150 000 hommes.
En renonçant à tenter une sortie décisive pour briser l'encerclement et en livrant intacts arsenaux et troupes, Bazaine anéantit les derniers espoirs militaires de la Troisième République naissante proclamée le mois précédent. À Tours, Léon Gambetta dénonce immédiatement une trahison infâme, tandis que l’opinion publique accueille la nouvelle avec une stupeur mêlée d'accablement.
Cette reddition accélère la défaite nationale et l'annexion de l'Alsace-Lorraine par l'Empire allemand. En 1873, un conseil de guerre condamnera d'ailleurs le maréchal à mort pour capitulation en rase campagne, peine commuée en réclusion dont il s’évadera plus tard pour mourir en exil.
27 octobre 1922 : La naissance d'une figure populaire du cinéma, Michel Galabru
C'est à Safi, port de pêche alors situé sous protectorat français au Maroc, que naît le futur monstre sacré Michel Galabru. Très tôt passionné par la scène, le jeune homme monte à Paris, intègre le Conservatoire national supérieur d'art dramatique puis rejoint la prestigieuse troupe de la Comédie-Française en tant que pensionnaire. Il y affine son jeu dans le grand répertoire classique, de Molière à Shakespeare, développant une gouaille et une puissance expressive singulières.
Le grand public l'adopte définitivement à travers le cinéma populaire. Sous l'uniforme de l'adjudant Gerber face à Louis de Funès dans la saga du Gendarme de Saint-Tropez, ou dans Papy fait de la résistance, sa bonhomie truculente et ses colères homériques marquent durablement l'imaginaire des spectateurs français.
Loin de se limiter au rire, le comédien bouleverse le public et la profession en 1976 en incarnant un vagabond assassin dans Le Juge et l'Assassin de Bertrand Tavernier, une interprétation magistrale couronnée par le César du meilleur acteur.
27 octobre 1949 : L'ultime décollage de Marcel Cerdan vers le drame des Açores
Dans la soirée du 27 octobre, un Lockheed Constellation d’Air France décolle de l’aéroport d'Orly à destination de New York. À son bord se trouvent quarante-huit passagers et membres d'équipage, dont l'ancienne prodige du violon Ginette Neveu et le boxeur Marcel Cerdan. L'ancien champion du monde des poids moyens, dépossédé de sa ceinture mondiale en juin par Jake LaMotta, traverse l'Atlantique pour préparer le combat revanche et rejoindre sa compagne, Édith Piaf.
Le plan de vol prévoit une halte nocturne de ravitaillement sur l'île de Santa Maria, dans l'archipel portugais des Açores. Mais dans la nuit, vers 02h51 UTC au matin du 28 octobre, alors que l'équipage navigue en vol à vue (VFR), une dramatique erreur de positionnement conduit à confondre les îles de l'archipel. L'appareil percute de plein fouet les reliefs du mont Redondo, sur l'île voisine de São Miguel, ne laissant aucun survivant.
La France se réveille anéantie en apprenant la mort de son champion prodigieux, incarnation de la fierté et de l'énergie retrouvées de l'après-guerre. Anéantie par le chagrin, Édith Piaf chantera en sa mémoire l'immortel Hymne à l'amour.
27 octobre 2005 : Le drame de Clichy-sous-Bois embrase les banlieues
En fin d'après-midi, plusieurs adolescents reviennent d'un terrain de football à Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Se croyant pris en chasse lors d'un contrôle de police aux abords d'un chantier, trois d'entre eux enjambent le mur d'enceinte d'un transformateur électrique haute tension pour s'y cacher. Le refuge improvisé se transforme en piège mortel : Zyed Benna et Bouna Traoré périssent électrocutés, tandis que leur camarade Muhittin Altun est grièvement brûlé.
L'annonce de l'accident provoque un embrasement immédiat dans la commune, où de violents heurts opposent jeunes révoltés et forces de l'ordre dès la nuit tombée. Durant près de trois semaines, le soulèvement se propage à des centaines de quartiers urbains sur l'ensemble du territoire, marqué par la destruction de milliers de véhicules et l'incendie de bâtiments publics.
Pour faire face à cette flambée de violences urbaines sans précédent, le gouvernement proclame l'état d'urgence le 8 novembre 2005, activant une législation exceptionnelle qui n'avait plus été appliquée en métropole depuis les événements de la guerre d'Algérie.
27 octobre : Sainte Émeline
Sainte Émeline vécut au XIIe siècle en Champagne. Guidée par une aspiration précoce à consacrer son existence à Dieu dans l'isolement et le dépouillement, elle fit vœu de réclusion. Elle se retira dans un ermitage humble rattaché à l’abbaye cistercienne de Boulancourt, située sur le domaine d'Yèvres, dans le département actuel de l'Aube.
Pendant de nombreuses décennies, elle mena une vie d'une rigoureuse austérité, ponctuée par le recueillement, la prière continue et de sévères pénitences corporelles. En dépit de son cloître volontaire, sa réputation de sainteté rayonna bien au-delà de sa cellule : pèlerins, laïcs et religieux venaient solliciter ses conseils spirituels et son intercession. Elle s'éteignit vers 1178, demeurant dans la tradition cistercienne un exemple de ferveur silencieuse.
Les saints du jour
Outre sainte Émeline, le calendrier liturgique de l'Église catholique fête le 27 octobre plusieurs figures de l'histoire chrétienne :
- Saint Évariste : successeur de saint Clément et cinquième pape de l'Église romaine à la fin du Ier siècle.
- Saint Frumence d'Aksoum : consacré premier évêque d'Éthiopie au IVe siècle et honoré comme l'évangélisateur du royaume axoumite.
- Saint Namatien : évêque de Clermont au Ve siècle, artisan infatigable de l'évangélisation de l'Auvergne.
- Saint Florentin : martyr décapité pour sa foi en Bourgogne au IIIe siècle lors des persécutions romaines.
Les célébrités portant ce prénom
Sous ses différentes déclinaisons, le prénom Émeline est illustré par des personnalités notables de la politique, du sport et des arts :
- Emmeline Pankhurst (1858-1928) : figure politique de premier plan au Royaume-Uni et meneuse emblématique des suffragettes pour le droit de vote des femmes.
- Émeline Ndongue (née en 1983) : basketteuse internationale tricolore, vice-championne olympique avec l'équipe de France aux Jeux de Londres en 2012.
- Émeline Michel (née en 1966) : auteure, compositrice et interprète majeure de la chanson haïtienne contemporaine.
- Emmeline Ragot (née en 1986) : championne cycliste française, détentrice de deux titres de championne du monde de VTT de descente.
- Émeline Pierre (née en 1999) : nageuse handisport française, sacrée championne paralympique sur 100 mètres nage libre aux Jeux de Paris 2024.
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