Jordan Bardella accusé d'antisémitisme : Mediapart publie des "preuves"

Publié par Matthieu Chauvin
le 02/10/2026
Jordan Bardella
abacapress
Visé par des accusations d'antisémitisme après la publication par Mediapart de messages privés datant de 2013, Jordan Bardella dément catégoriquement et porte plainte pour faux et usage de faux.

Une onde de choc secoue le monde politique depuis la mise en ligne d'une enquête signée par le journal en ligne Mediapart. Les investigations mettent en cause le président du Rassemblement national pour des écrits privés tenus au cours de sa jeunesse. Face à ces allégations d'une gravité inédite, la formation politique d'extrême droite organise une riposte immédiate sur le terrain pénal.

Mediapart dévoile des écrits de 2013 et provoque la riposte judiciaire du Rassemblement national

Le site d'investigation Mediapart a diffusé des captures d'écran de conversations privées sur Messenger remontant à l'été 2013. À cette époque, Jordan Bardella était âgé de 17 à 18 ans. Le journal lui attribue des déclarations antisémites explicites, comme l'extrait : "Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur." Les messages mentionnent également des thèses conspirationnistes ainsi que des références élogieuses à Alain Soral ou à l'humoriste controversé Dieudonné.

Capture écran Mediapart

Pour appuyer ses publications, la rédaction affirme avoir recouru à une procédure de vérification technique rigoureuse. Mediapart indique avoir obtenu une extraction directe des données transmises via les serveurs de Meta. Le média précise que l'ensemble de ces éléments a fait l'objet d'un constat dressé par un commissaire de justice, afin d'attester que le compte émetteur correspondait bien au profil actif de l'actuel dirigeant du parti à cette période.

Le président du Rassemblement national conteste formellement ces révélations. Dans un communiqué officiel, il affirme : "Je conteste formellement les accusations portées à mon endroit par Mediapart, me prêtant des propos délirants et antisémites." Marine Le Pen fustige pour sa part « une barbouzerie ». Jordan Bardella annonce le dépôt d'une plainte pour diffamation et pour faux et usage de faux devant le tribunal judiciaire de Paris, une infraction réprimée par l'article 441-1 du Code pénal qui prévoit jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.

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Expertise numérique, stratégie de défense et secousse pour la normalisation du parti

Ce litige ouvre une bataille hautement technique entre les investigations journalistiques et les exigences de la preuve pénale. Les juges d'instruction devront analyser les métadonnées, les identifiants de compte Facebook et solliciter des réquisitions auprès de la firme américaine Meta. L'enquête judiciaire cherchera à vérifier l'intégrité de la chaîne numérique et l'absence de falsification informatique sur des serveurs distants, treize ans après les faits supposés.

Pour contrer ces accusations, le parti met en avant la jeunesse du responsable politique au moment des échanges. Dans une déclaration transmise à Mediapart, Jordan Bardella souligne : "Le fait que je n'étais pas militant actif au sein du Front national durant l'été 2013, et encore mineur, devrait vous alerter sur le caractère mensonger de ces "sources." La défense dénonce également un calendrier suspect, estimant que la sortie de ces documents vise à perturber les prochaines échéances électorales.

Cette affaire fragilise la stratégie de normalisation menée par la direction frontiste pour rompre avec l'héritage antisémite de son fondateur. L'ensemble de la classe politique réagit vivement à ces divulgations, alors que les électeurs scrutent la sincérité républicaine affichée par le mouvement à l'approche des scrutins nationaux.

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