Grève : "journée noire" prévue le 29 septembre, prenez vos précautions !
La rentrée sociale s'annonce particulièrement explosive pour l'exécutif. Face à un dialogue social totalement gelé depuis le début de l'été, les organisations représentatives des agents publics ont choisi d'élever le rapport de force d'un cran. Cette démonstration de force vise à paralyser les services de l'État pour peser sur les futurs choix budgétaires.
Une unité syndicale totale pour paralyser les services publics le 29 septembre
Invitée sur le plateau de France 2 ce mardi 1er septembre 2026, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, a officiellement lancé l'appel à une mobilisation d'envergure. "J'appelle tous les agents publics qui nous écoutent à se mettre en grève pour que toutes celles et ceux qui passent leur temps à stigmatiser les fonctionnaires, à dire que les fonctionnaires coûtent cher, voient ce que c'est une journée noire sans services publics", a-t-elle insisté à l'antenne. L'ambition affichée est d'illustrer de manière spectaculaire le rôle tenu par les agents dans la vie quotidienne des citoyens.
Cette offensive s'appuie sur une alliance devenue rare par son unanimité. Les huit organisations représentatives du secteur public (CGT, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC, FO et FA-FP) font bloc commun après l'échec cuisant des discussions menées en juillet 2026. L'intersyndicale parle d'une seule voix pour représenter les 5,7 millions d'agents répartis sur les versants hospitalier, territorial et étatique.
Au cœur des griefs figure l'érosion continue du pouvoir d'achat des travailleurs publics. Les organisations exigent sans délai le dégel de la valeur du point d'indice, une révision complète des grilles indiciaires ainsi qu'une hausse générale des rémunérations. Selon les syndicats, le tassement des bas de grille fragilise l'attractivité des concours et précarise les catégories les plus modestes.
Un bras de fer direct sur les arbitrages du budget 2027
Cette colère trouve son origine directe dans l'échec de la table ronde organisée au début de l'été. Début juillet 2026, l'ensemble des délégations syndicales avaient claqué la porte de Bercy après seulement deux heures de réunion, constatant le refus catégorique du gouvernement d'accorder la moindre revalorisation générale pour l'année en cours sous prétexte de rigueur budgétaire.
Le front syndical s'attaque désormais frontalement aux orientations du projet de loi de finances (PLF) 2027 avant son examen officiel devant la représentation nationale. " Si le gouvernement propose un budget avec des mesures d'austérité pour les travailleurs, il va accentuer la récession et mettre le pays en difficulté économique", a averti Sophie Binet sur France 2. Les syndicats dénoncent un texte jugé régressif qui sacrifierait l'école, la santé et les guichets de proximité sur l'autel de la réduction des déficits.
En programmant cette journée d'action le 29 septembre, l'intersyndicale met une pression directe sur le Premier ministre Sébastien Lecornu. Les syndicats espèrent contraindre le gouvernement à revoir sa copie avant les débats parlementaires de l'automne, tout en brandissant la menace d'une contagion de la grogne à d'autres secteurs professionnels.
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