Livret A : les Français ont continué de retirer leur argent en février 2026

Publié par Sarah Martin
le 24/03/2026
Livret A : les Français ont continué de retirer leur argent en février 2026
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Contrairement à la tendance habituelle, le Livret A a enregistré des retraits nets en février. La baisse du taux de rémunération pousse les Français à puiser dans leurs économies depuis plusieurs mois.

Après des mois de ralentissement, le mouvement de retrait s'accélère sur l'épargne réglementée préférée des Français. Les ménages réagissent directement aux nouvelles conditions de rémunération appliquées depuis le début de l'année. Ce comportement inédit modifie la gestion de l'épargne et pousse à arbitrer autrement son budget de précaution.

Une décollecte inhabituelle pour le Livret A

Les épargnants français ont clairement boudé le Livret A en ce début d'année, marquant une véritable rupture avec les habitudes financières. Selon les récents chiffres de la Caisse des dépôts dévoilés le mardi 24 mars, les retraits nets ont atteint la somme de 740 millions d'euros pour le seul mois de février 2026

Ce résultat déjoue les prévisions des analystes financiers. Stéphane Magnan, représentant de la Caisse des dépôts, confirme que ce mouvement va "à rebours de la tendance habituelle (...) du mois de février qui, en général, est collecteur".

Cette érosion, continue depuis l'automne dernier, ne vide pas pour autant les réserves. L'encours total reste gigantesque : les épargnants maintiennent encore 447 milliards d'euros sur leurs comptes de précaution. Malgré cette fuite des liquidités, l'institution tempère la situation. "Si on regarde l'histoire du Livret A, il a toujours été une valeur refuge dans les périodes de crise", rappelle ainsi Stéphane Magnan.

Une rémunération en baisse au profit de l'assurance-vie

Cette désaffection massive trouve sa source directe dans la récente politique monétaire. Le passage de la rémunération de 1,7 % à 1,5 % le 1er février 2026 a porté un coup dur à l'attractivité du livret rouge. Face à ce manque à gagner, vous êtes nombreux à vous demander s'il faut retirer cet argent. Les ménages se détournent de ce support pour privilégier des enveloppes fiscales jugées plus rentables sur le long terme. L'assurance-vie capte ainsi l'essentiel de ces transferts de liquidités.

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Dans ce contexte de taux bas, le Livret d'épargne populaire (LEP) résiste remarquablement bien. Ce produit séduit encore les foyers et génère une collecte positive de 180 millions d'euros en février. Cette performance s'explique par un taux maintenu à un niveau très avantageux de 2,5 %. De nombreux contribuables vérifient d'ailleurs leur éligibilité pour profiter de ce rendement supérieur et protéger leur épargne.

Des taux qui pourraient rebondir face à l'inflation

La situation actuelle pourrait rapidement s'inverser, selon les dernières alertes de la Banque centrale européenne. L'institution a récemment signalé un risque de rebond de l'inflation, poussé par les fortes tensions sur le marché de l'énergie au Moyen-Orient. Si les prix s'emballent au printemps, une nouvelle réévaluation des taux de l'épargne réglementée pourrait intervenir dans les mois à venir pour ajuster le pouvoir d'achat.

En parallèle, l'utilisation des fonds collectés se précise, soulevant des questions sur la sécurité des dépôts. L'Élysée a officialisé la participation du fonds d'épargne de la Caisse des dépôts au nouveau programme énergétique français. Votre argent financera à hauteur de 60 % la construction des six réacteurs EPR2, un chantier titanesque estimé à 72,8 milliards d'euros. Les autorités garantissent que cette réorientation stratégique massive n'affectera en rien le financement traditionnel accordé au logement social.

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