Nouveaux aveux chocs de Cédric Jubillar sur le meurtre de Delphine, la famille sceptique
Le principal suspect de cette affaire retentissante a finalement détaillé le déroulement de la nuit du drame et les raisons de son geste fatal. Ces révélations inattendues bouleversent l'une des enquêtes criminelles les plus médiatisées de France et modifient profondément l'ensemble du calendrier judiciaire à venir.
Un accès de colère fatal au domicile familial
Après avoir fermement nié toute implication depuis décembre 2020, Cédric Jubillar a fini par avouer avoir tué son épouse lors de sa dernière audition. Selon les informations rapportées par l'AFP et Le Parisien, l'accusé a expliqué avoir perdu le contrôle lors d'une violente altercation verbale. Les procès-verbaux relatent ses mots d'une rare froideur : "Je suis allé dans le salon et Delphine m’a tout de suite dit : 'qu’est-ce que tu fous là ?'. Je lui ai répondu : 'qu’est-ce que ça peut te foutre ? Comme tu as demandé le divorce, je n’ai plus de compte à te rendre'. Elle m’a montré son téléphone en le brandissant vers moi, j’ai eu l’impression que c’était une photo d’elle un peu sexy mais je n’ai pas bien vu et je n’en suis pas sûr. Je suis d’abord allé dans la cuisine me réfugier derrière le bar pour me rouler une cigarette et c’est parti en insultes."
La dispute vire au drame : "J'ai vrillé"
Mais le coupe n'en reste pas là, selon le récit de Cédric Jubillar. "Elle m’a dit : 'tu n’es qu’une merde, un toxico de merde, je fais bien de me barrer, personne ne voudra de toi'. Je me suis avancé en sortant du bar et là elle m’a dit quelque chose qui m’a fait péter les plombs. J’ai vrillé, elle était à ce moment-là entre le frigo et le bar. Elle m’a dit : 'maintenant, je n’ai plus rien à perdre, je peux te l’avouer, j’en ai trouvé un qui me fait mieux l’amour que toi'. Je voulais qu’elle se taise, je l’ai attrapée par le cou et j’ai serré, je lui disais : 'tais-toi, tais-toi, je t’en supplie, tais-toi'. Je voulais que ça s’arrête, qu’elle se taise, je n’en pouvais plus",
Il aurait voulu épargner ses enfants
Ensuite : "Quand je faisais ça, elle était en face de moi, je me souviens que je regardais mes pieds car je ne voulais pas croiser son regard. Elle est tombée inerte. Il m’a fallu quelques instants pour réaliser que je venais de tuer la mère de mes enfants. Je suis en panique, je suis tétanisé, je ne sais plus quoi fair. Je me suis dit qu’il ne fallait pas que mes enfants voient leur mère comme ça et qu’ils allaient m’en vouloir, je me suis dit qu’il fallait que je la cache. Je l’ai chargée sur mon épaule et je l’ai déposée dans le coffre de la voiture." Il insiste ensuite sur le fait qu'il a roulé phares éteints pour ne pas éveiller les soupçons des voisins et choisi le champ au hasard. BFM TV nous apprend ce matin qu'il a même fait un croquis des lieux devant la juge d'instruction.
Puis, comme pour éluder la thèse de la préméditation, il indique : "J'ai utilisé mes mains pour faire ça, comme c'était du terreau, c'était facile, j'ai creusé comme je pouvais, et j'ai recouvert comme je pouvais." Au retour à son domicile, il explique avoir trouvé le téléphone de Delphine. "Je l'ai pris avec une paire de boots et un manteau à elle et j'ai tout jeté dans la poubelle d'un voisin à 50 mètres de la maison." Mais pourquoi a-t-il menti pendant 5 ans ? "Avec la pression des enquêteurs, la pression médiatique, la pression des juges, je ne savais pas comment faire pour me sortir de mon mensonge."
Quelques jours avant, les indications données par le suspect avaient permis de déterrer des ossements dans un champ agricole situé à Mailhoc, à une dizaine de kilomètres du domicile conjugal. La cour d'appel de Toulouse a rapidement confirmé que les analyses d'ADN identifient formellement les restes de Delphine Aussaguel, mettant fin au mystère de sa disparition. Mais pas à celle des circonstances de sa mort, car la famille doute de cette version.
Des aveux qui arrangent Cédric Jubillar ?
Psychologue clinicien et consultant auprès de la police judiciaire, Florent Gathérias explique au Parisien : "À l’approche du procès en appel, il a vu la possibilité de changer de version. De cette manière il passe, non pas du statut d’innocent à celui de coupable, mais de celui qui subissait à celui qui agit. C’est intelligent, car c’est un des derniers moments de la procédure où c’est encore possible. En même temps, c’est difficile de ne pas y voir une forme de manipulation de sa part. S'il avait persévéré dans son silence, il est presque évident qu'en appel sa condamnation aurait été confirmée, voire il aurait pu être condamné à perpétuité."
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