Fiasco à la clinique : admise pour être opérée de la cheville, on lui retire les dents de sagesse
Imaginez entrer au bloc opératoire pour soigner une articulation douloureuse et vous réveiller avec la bouche en sang. Ce cauchemar est devenu réalité pour une jeune patiente dans le nord de la France. Un dysfonctionnement rare qui interroge lourdement sur la fiabilité de nos établissements de soins,
Pas de plâtre, mais des "cotons dans la bouche"
Le 10 juillet 2026, Louise, 17 ans, franchit les portes de la clinique CMCO de Saint-Martin-Boulogne. Elle vient y subir une chirurgie orthopédique programmée à la cheville prévue depuis un moment. Une procédure courante qui s'annonce sans accroc, mais qui va très vite tourner au scénario invraisemblable.
À son réveil en salle de soins post-interventionnels, la stupeur frappe immédiatement la jeune patiente, comme le rapporte La Voix du Nord. Sa mère raconte à nos confrères que dès le départ, dans la salle d'attente il y avait anguille sous roche. "Il (le chirurgien, NDLR) s’arrête devant nous et marmonne quelque chose. Pour être sûre d’avoir bien compris je demande : 'C’est bien pour [Louise] ?'."
Le spécialiste répond par l'affirmative et emmène Louise au bloc. "Alors que j’attendais, le chirurgien en question vient me voir et me dit : 'Désolé, nous avons fait une erreur médicale. Toutes nos excuses'." Il reconnaît ouvertement avoir pratiqué l'extraction des quatre dents de sagesse sur la mauvaise personne. Un véritable traumatisme immédiat pour la victime et ses proches, qui s'attendaient à des suites orthopédiques classiques.
Une erreur qui aurait pu être dramatique
"Quand je suis entrée dans la salle de réveil pour voir ma fille, je me suis mise à pleurer. Dans la famille on a tous été choqués. Le chirurgien est revenu me voir pour répéter ses excuses. Je lui ai dit que je ne voulais plus le voir."
Quant à l'adolescente "Elle se réveille et essaye de bouger son pied, et bizarrement, elle y arrive. Puis elle sent qu’elle a des cotons dans la bouche. Elle est en état de choc. Depuis l’incident elle fait des angoisses, ne dort pas la nuit. Et c’est pareil pour moi, je tremble, je ne mange plus… On se demande encore comment cela a pu arriver… J’ai l’impression que ça n’est pas réel, ça n’arrive que dans les films."
Beaucoup de Français se font retirer les dents de sagesse à l'adolescence pour éviter des complications futures. On pourrait se dire que c'est au moins une bonne chose de faite et que l'opération de la cheville, qui gêne Louise au quotidien, peut être reprogrammée. Problème, toujours d'après sa mère : "Les conséquences auraient pu être beaucoup plus graves, car l’anesthésie était calibrée pour l’autre jeune fille qui devait se faire opérer. Il y avait de gros risques. Ces erreurs-là ne doivent pas arriver !"
La clinique propose une indemnisation
Comme le révèle La Voix du Nord, "La famille, qui a été reçue par une représentante de la direction dès le jour de l’incident, a refusé de signer les papiers qu’on lui a présenté l’informant de ses droits, notamment un formulaire de demande d’indemnisation, et a porté plainte contre la clinique."
La mère de Louise ne décolère pas. "Normalement lorsqu’on se fait opérer des dents de sagesse il y a des rendez-vous avant pour expliquer comment se passe la convalescence, un suivi antibiotique. Là ça n’a pas été le cas. Et quand on appelle la clinique pour avoir des réponses à nos questions, on se fait rembarrer sèchement. J’ai dû appeler un médecin du 15 qui m’a informée et rassurée."
L'adolescente elle, ne compte pas retourner dans une salle d'opération de sitôt : "Elle voulait faire cette opération maintenant pour être tranquille à la rentrée. Mais là ce n’est plus possible, la confiance est rompue. Il va falloir un moment avant que ma fille puisse de nouveau accepter d’aller dans un hôpital."
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