Affaire Jubillar : de nouvelles données téléphoniques relancent la thèse de la préméditation

Publié par Sarah Martin
le 21/07/2026
Cédric Jubillar
abacapress
© Poitout Florian/ABACA
Dix jours avant la disparition de son épouse Delphine, le téléphone de Cédric Jubillar a été localisé à proximité immédiate de la cachette du corps, une trouvaille qui fragilise sa ligne de défense.
 

Révélée le 20 juillet, cette nouvelle expertise téléphonique bouleverse le calendrier judiciaire. Alors que l'accusé avait avoué un meurtre purement impulsif, les enquêteurs soupçonnent désormais un acte préparé.

La géolocalisation contredit la version de l'accusé

Les enquêteurs ont mis la main sur un relevé GPS accablant daté du 5 décembre 2020. Ces données, transmises par Google à l'issue d'une longue procédure internationale, attestent de la présence du téléphone de Cédric Jubillar sur la commune de Mailhoc, dans le Tarn. L'appareil a borné plusieurs minutes consécutives dans un secteur situé à seulement quelques centaines de mètres du champ isolé où l'homme a enterré le corps. Ces relevés précis n'ont pu être exploités que tardivement, en raison du blocage de l'appareil par de mauvais mots de passe et de la lenteur des commissions rogatoires vers les États-Unis.

Cette découverte remet en cause les aveux formulés le 15 juillet 2026. L'artisan affirmait alors avoir agi sous le coup de la colère lors d’une « énième dispute conjugale », comme le rapporte Le Parisien. Il assurait avoir totalement improvisé la dissimulation de la dépouille dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, sans la moindre préparation. Si le tribunal acquiert la certitude que ce passage à Mailhoc s'apparentait à un repérage, la justice requalifierait le meurtre en assassinat. Cette préméditation fait encourir à l'accusé la réclusion criminelle à perpétuité. Pour contrer cette accusation, la défense s'apprête à justifier ce déplacement par son activité de peintre-plaquiste sur un chantier attenant, une explication déjà esquissée au cours de l'instruction.

Bataille procédurale autour du maintien du procès

Ce nouvel élément déclenche une passe d'armes sur la suite des événements. Les avocats de la défense, Mes Pierre et Guy Debuisson, réclament le report de la session d'assises initialement programmée le 21 septembre 2026. Me Pierre Debuisson soutient auprès du Parisien qu' « il est inconcevable que le procès ne soit pas renvoyé ». Les conseils exigent du temps pour repenser leur stratégie. Ils demandent de « procéder à des vérifications, organiser une reconstitution et mener de nouvelles expertises psychologiques et psychiatriques » qui intègrent les aveux de leur client.

La famille de Delphine Aussaguel refuse ce délai supplémentaire. Me Mourad Battikh, avocat des parties civiles, insiste dans Le Parisien sur le fait qu'il « faut que l’institution judiciaire soit plus forte que le tempo dicté par Cédric Jubillar ». Son confrère, Me Philippe Pressecq, balaie les requêtes de la défense dans le même quotidien, soulignant que « la reconstitution d’un meurtre à huis clos sans témoin et sans contradiction possible avec la version de l’accusé n’apporterait pas grand-chose ».

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Le sort de l'audience se joue lors d'une réunion informelle convoquée ce mardi 21 juillet 2026 par la présidente de la cour d’assises de la Haute-Garonne. Les magistrats doivent trancher un dilemme épineux : octroyer le temps nécessaire pour expertiser ces données GPS ou respecter les délais pour solder un dossier ouvert fin 2020. 

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