7 septembre : le jour où les taxis parisiens sauvèrent la France… et où un parapluie devint une arme mortelle

Une illustration montrant un "parapluie bulgare"
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En ce 7 septembre, jour de la Sainte Reine, tandis que des chauffeurs de taxi parisiens montent au front pour stopper l'invasion allemande et que le ciel londonien s'embrase sous les bombes du Blitz, un illustre poète se retrouve derrière les barreaux pour le casse du siècle. Ajoutez à ce tableau la disparition tragique d'une espèce tout entière et une machination d'espionnage digne de la guerre froide, et vous obtenez une journée hors du commun.

7 septembre 1914 : L'épopée des Taxis de la Marne, le sursaut de Paris

Une photo d'époque des taxis de la Marne réunis à Paris
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Au début du mois de septembre 1914, la Première Guerre mondiale menace de tourner court pour la France. Les armées allemandes du général von Kluck s’avancent dangereusement vers Paris, poussant le gouvernement à fuir vers Bordeaux dans un climat de panique générale. Face à cette situation d’urgence absolue, le général Joseph Gallieni, gouverneur militaire de la capitale, conçoit une manœuvre logistique inédite : réquisitionner l’ensemble des flottes de taxis parisiens pour acheminer des renforts sur le front de l'Ourcq et soulager les armées alliées.

Le rassemblement s’opère sur l’esplanade des Invalides, où déferlent des centaines de célèbres Renault Type AG vêtues de leur livrée rouge et noire. Dans la nuit du 6 au 7 septembre, cette invraisemblable colonne motorisée transporte près de 4 000 soldats de réserve vers Nanteuil-le-Haudouin. Si l'impact tactique direct sur l'issue de la première bataille de la Marne fait encore débat chez les historiens militaires, l'effet psychologique sur le moral de la nation fut immense. Les compteurs ont tourné, l'État a payé la course, et la légende patriotique des "Taxis de la Marne" venait d'entrer à jamais dans l'inconscient collectif.

Mais bien avant que les pavés parisiens ne résonnent du moteur des taxis en guerre, la capitale avait déjà été secouée par un scandale artistique retentissant qui allait mener l'un de ses plus illustres poètes en cellule.

7 septembre 1911 : Guillaume Apollinaire jeté en prison pour le vol de la Joconde

Deux semaines après la stupéfiante disparition de la Joconde au musée du Louvre en août 1911, la police française, désespérément en quête de coupables et sous le feu des critiques, commet un coup d’éclat mémorable. Le 7 septembre 1911, l'avant-gardiste poète Guillaume Apollinaire est arrêté et écroué à la prison de la Santé. Les enquêteurs le soupçonnent d'être à la tête d'un réseau international de receleurs d'œuvres d'art, après qu'un de ses proches connaissances a dérobé des statuettes ibériques au musée quelques années plus tôt.

L'affaire prend une tournure quasi surréaliste lorsque Pablo Picasso lui-même est convoqué par le juge d'instruction, terrifié à l'idée d'être expulsé et allant jusqu'à prétendre ne pas connaître son ami intime. Le véritable voleur n'était pourtant pas le cercle d'artistes montmartrois, mais Vincenzo Peruggia, un vitrier italien patriote. Blanchi et libéré après quelques jours d'un enfermement traumatisant, Apollinaire tirera de cette épreuve carcérale son poignant cycle de poèmes intitulé À la Santé.

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Si cette mésaventure parisienne prête aujourd'hui à sourire, l'Histoire allait réserver des traumatismes bien plus dévastateurs sur les grandes capitales européennes quelques décennies plus tard.

7 septembre 1940 : Le début du « Blitz », l'apocalypse aérienne s'abat sur Londres

Photographie historique et dramatique de Londres sous les bombardements du Blitz en septembre 1940,
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En ce samedi de fin d’été 1940, le ciel de Londres se voile d'une obscurité sinistre. Ayant échoué à anéantir la Royal Air Force lors des combats aériens préliminaires, la Luftwaffe nazie change radicalement de tactique sur ordre d'Adolf Hitler et déclenche l'opération Black Saturday. Près de mille appareils de chasse et de bombardement traversent la Manche pour pilonner sans relâche les docks, les usines et les quartiers populaires de l’East End londonien.

Ce 7 septembre 1940 inaugure ce que les Britanniques nommeront le "Blitz", une terreur aérienne méthodique étalée sur 57 nuits consécutives de bombardements massifs. Malgré les milliers de victimes civiles et des quartiers entiers réduits en cendres, la population refuse de plier, galvanisée par la rhétorique intraitable de Winston Churchill et le courage des pompiers volontaires. L’échec de cette campagne de terreur marquera le premier grand revers stratégique du Troisième Reich au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Alors que l'humanité s'abîmait dans la tourmente industrielle de la guerre, la nature essuyait elle aussi, au même moment, d'irréparables blessures loin des champs de bataille.

7 septembre 1936 : La disparition tragique du tout dernier tigre de Tasmanie

Photographie d'archive historique en noir et blanc d'un tigre de Tasmanie (thylacine) aux rayures di
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Dans une cage austère du zoo de Beaumaris à Hobart, en Australie, un animal unique s'éteint dans l'indifférence générale le 7 septembre 1936. Surnommé "Benjamin", ce thylacine – plus couramment appelé tigre ou loup de Tasmanie – était le tout dernier représentant vivant connu de son espèce. Victime d'une nuit de froid extrême après avoir été accidentellement enfermé hors de son abri nocturne par ses soigneurs, il emporte avec lui des millénaires d'évolution marsupiale.

Autrefois redoutable prédateur insulaire, le tigre de Tasmanie a été éradiqué par une chasse intensive encouragée par des primes gouvernementales, combinée à l'introduction de maladies canines et à la destruction de son habitat naturel. La mort de Benjamin a provoqué une prise de conscience planétaire sur la fragilité des écosystèmes. En souvenir de ce jour funeste, l'Australie commémore chaque 7 septembre sa Journée nationale des espèces menacées.

Des sanctuaires disparus d'Océanie aux grands stades de la planète, le XXIe siècle allait transformer l'arène globale en un terrain d'exploits athlétiques et d'émotions populaires intenses.

7 septembre 2007 : Coup d'envoi et douche froide pour le Mondial de rugby en France

Le 7 septembre 2007, une effervescence gigantesque s'empare de l'Hexagone avec le lancement officiel de la 6e édition de la Coupe du monde de rugby à XV, la première organisée principalement sur le sol français. Devant 80 000 spectateurs survoltés au Stade de France et des dizaines de millions de téléspectateurs, le XV de France mené par Bernard Laporte affronte l’Argentine lors du match d'ouverture, avec le statut de grand favori pour la victoire finale.

Mais la fête tourne à la désillusion face à la vaillance et au réalisme féroce des Pumas argentins, qui créent une sensation mondiale en terrassant les Bleus sur le score de 12 à 17. Cette défaite inaugurale obligera la France à un parcours héroïque mais exténuant, marqué par un quart de finale mythique contre les All Blacks, avant d'échouer aux portes de la finale. L'événement restera malgré tout une célébration populaire mémorable qui a ancré durablement le rugby dans le cœur des Français.

Derrière les projecteurs des stades et la clameur des tribunes, les coulisses de l’histoire abritent parfois des règlements de comptes bien plus feutrés et machiavéliques.

7 septembre 1978 : L'incroyable attentat au "parapluie bulgare" sur le pont de Waterloo

Le matin du 7 septembre 1978, le quotidien semble tout à fait paisible pour Guéorgui Markov. Cet écrivain et journaliste dissident bulgare, réfugié à Londres et voix critique du régime communiste sur les ondes de la BBC, attend tranquillement son bus près du pont de Waterloo. Soudain, un passant pressé le heurte maladroitement avec la pointe de son parapluie, marmonne une brève excuse avec un accent étranger, puis s'engouffre dans un taxi avant de s'évanouir dans le brouillard londonien.

Pris d'une vive piqûre à la cuisse droite, Markov développe une fièvre foudroyante quelques heures plus tard et décède à l'hôpital quatre jours après l'incident. L'autoxie médico-légale révèle un scénario digne des romans de James Bond : la férule du parapluie dissimulait un mécanisme à air comprimé ayant injecté sous sa peau une minuscule bille en platine perforée, remplie de ricine, un poison mortel foudroyant. Commandité par les services secrets bulgares avec le soutien logistique du KGB, ce meurtre spectaculaire inspirera en France la célèbre comédie de Gérard Oury avec Pierre Richard, Le Coup du parapluie.

7 septembre : Sainte Reine

Sainte Reine est une martyre chrétienne du IIIe siècle, née à Alise (l'actuel village d'Alise-Sainte-Reine en Côte-d'Or). Ayant perdu sa mère à sa naissance, elle est élevée par une nourrice chrétienne qui la fait baptiser en secret. Lorsque son père, un notable païen, découvre la foi de sa fille, il la chasse du foyer familial. Devenue bergère, Reine se distingue par sa dévotion et sa grande beauté. Vers l'âge de quinze ans, elle attire l'attention du gouverneur romain Olibrius, de passage dans la région. Tombé sous son charme, il lui propose le mariage à la condition formelle qu'elle abjure sa foi chrétienne. Reine refuse fermement de renier le Christ et de céder à ses avances. Face à sa résolution inébranlable, le gouverneur la fait jeter en prison, soumettre à d'atroces tortures, puis ordonne sa décapitation vers l'an 252. Depuis le Moyen Âge, son culte est particulièrement vivace en Bourgogne, où elle incarne le courage, la pureté et la fidélité spirituelle.

Les saints du jour

Outre Sainte Reine, plusieurs autres figures spirituelles sont commémorées le 7 septembre :

  • Saint Cloud (ou Clodoald) : petit-fils du roi Clovis et de sainte Clotilde, qui renonça aux luttes de pouvoir pour devenir ermite et prêtre, donnant son nom à la ville de Saint-Cloud.
  • Saint Grât (ou Gratus) d'Aoste : évêque du Ve siècle et saint patron de la Vallée d'Aoste.
  • Sainte Madelberte : religieuse et abbesse du monastère de Maubeuge au VIIIe siècle.
  • Saint Sozon : jeune berger de Cilicie, mort martyr pour sa foi au début du IVe siècle.

Les célébrités portant ce prénom

Le prénom Reine et sa variante internationale Regina sont illustrés par plusieurs personnalités du monde artistique et culturel :

  • Regina King : actrice et réalisatrice américaine, récompensée par l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour Si Beale Street pouvait parler.
  • Regina Spektor : auteure-compositrice-interprète et pianiste américaine d'origine russe.
  • Regina Hall : actrice et productrice américaine, célèbre pour ses apparitions dans de nombreuses comédies et séries télévisées.
  • Reine Flachot : violoncelliste classique française de renommée internationale et grande pédagogue.
  • Reine Gianoli : pianiste française reconnue notamment pour ses enregistrements intégrals des œuvres de Schumann et de Mozart.
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