Éric Ciotti réclame la révocation du maire LFI de Saint-Denis Bally Bagayoko qu'il accuse de "trahison"
La tension politique s'intensifie autour de la gestion des violences survenues en marge des récentes manifestations lycéennes. Après une première transmission judiciaire engagée par les services de l'État, le camp de la droite républicaine accentue sa pression sur l'exécutif. Cette prise de position réactive une arme institutionnelle rarissime sous la Ve République.
Éric Ciotti passe à l'offensive contre Bally Bagayoko
Le président de l'Union des droites pour la République (UDR) et maire de Nice réclame une sanction exemplaire. Mardi 6 octobre 2026, le parlementaire a solennellement demandé au gouvernement d'inscrire la destitution de Bally Bagayoko à l'ordre du jour du Conseil des ministres. Il fustige une "trahison" caractérisée des devoirs républicains et de l'autorité morale attachée à la fonction municipale, sur fond de blocages scolaires et de tensions urbaines.
Cette offensive fait écho aux déclarations controversées tenues fin septembre 2026 par l'édile insoumis de Seine-Saint-Denis, qui justifiait la colère et la légitimité des actions de force contre les institutions. Ces mots avaient déjà déclenché la réaction du préfet de police de Paris, Patrice Faure, auteur d'un signalement au procureur de la République sur le fondement de l'article 40 du Code de procédure pénale pour provocation directe à commettre un délit.
En réponse, la municipalité de Saint-Denis et La France insoumise dénoncent une manœuvre d'intimidation politique. L'entourage de l'élu fustige une tentative de criminalisation du débat public et une atteinte directe à la liberté d'expression des mouvements sociaux.
Une procédure d'exception encadrée par le Code des collectivités
Le recours à une telle mesure s'appuie sur un cadre juridique très strict. L'article L. 2122-16 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) dispose qu'un premier magistrat ne peut être démis de son mandat que par décret motivé pris en Conseil des ministres, après une phase contradictoire obligatoire. Ce texte distingue la suspension temporaire, prononcée par arrêté du ministre de l'Intérieur pour une durée maximale de un mois, de la révocation définitive, qui entraîne automatiquement un an d'inéligibilité aux fonctions de maire ou d'adjoint.
L'enjeu juridique touche au rôle institutionnel du premier magistrat. En France, le maire agit comme agent de l'État et porte le titre d'officier de police judiciaire sous l'autorité du parquet. Cette double casquette impose une obligation de loyauté envers les lois de la République. Toutefois, le Conseil d'État exerce un contrôle rigoureux de proportionnalité sur ces décrets pour sanctuariser le principe constitutionnel de libre administration des collectivités locales face aux querelles partisanes.
Bally Bagayoko encore en tête des manifestations du 6 octobre
Comme le rapporte Le Figaro, le maire de Saint-Denis ne semble pas plus préoccupé que ça par la menace qui pèse sur lui. Hier, lors de la grande manifestation lycéenne, selon nos confrères, "Bally Bagayoko, drapeau français dans les mains, a rejoint mardi le cortège de la manifestation lycéenne à Paris, entouré de jeunes au visage masqué, certains entièrement cagoulés, qui avançaient avec lui en le tenant par les épaules."
La situation s'est rapidement tendue avec les forces de l'ordre. L'élu, qui a lancé "Arrêtez, reculez, vous arrêtez !" en direction de ces dernière a ensuite été aspergé de gaz lacrymogène avant d'être exfiltré. Sur son compte X, il a tenu à confirmer son soutien au mouvement.
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