Blocage des lycées : Bally Bagyoko porté en triomphe, ne condamne pas les débordements

Publié par Matthieu Chauvin
le 29/09/2026
Bally Bagayoko
abacapress
© Sapte Fabrice/ABACA
Venu soutenir les élèves mobilisés devant le lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, le maire LFI Bally Bagayoko suscite un tollé gouvernemental après avoir été acclamé en marge d'incendies volontaires sans condamner les violences.

La contestation lycéenne prend une tournure politique explosive en région parisienne. Devant les grilles du lycée Paul-Éluard à Saint-Denis, la mobilisation contre la dégradation des conditions scolaires a basculé dans une vive empoignade institutionnelle. La présence de plusieurs responsables insoumis aux côtés des manifestants, dont le maire de la ville, cristallise désormais toutes les tensions.

Un élu acclamé devant un établissement en proie aux flammes

Présent dès les premières heures de la matinée du lundi 28 septembre 2026, Bally Bagayoko a passé de longs moments au contact de plusieurs centaines d'adolescents. Dans cet établissement qui scolarise près de 2 000 élèves, le représentant de La France insoumise a reçu un accueil triomphal, scandé par des slogans militants et des applaudissements nourris.

Le rassemblement a toutefois rapidement dégénéré en violents heurts urbains. Des barricades de fortune ont été dressées, accompagnées de multiples feux de poubelles devant l'entrée principale. Les forces de l'ordre ont essuyé des tirs répétés de mortiers d'artifice avant de riposter à l'aide de grenades lacrymogènes. 

De nombreuses vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent le responsable politique souriant et échangeant des poignées de main à quelques mètres seulement des flammes et des dégradations. On peut aussi le voir tirer vers lui un container à poubelles en feu, ce dont il s'est justifié en affirmant qu'il tentait de l'éteindre... Avant d'être porté en triomphe par les lycéens.

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Interrogé sur ces débordements, l'élu insoumis a refusé d'émettre la moindre condamnation formelle. Dénonçant une séquence vidéo tronquée et sortie de son contexte par ses adversaires, il a réorienté son discours vers l'état matériel du bâtiment. Il pointe du doigt la présence de rongeurs, le manque de chauffage et les classes saturées. "On demande juste à refaire le lycée", rappelle un lycéen mobilisé sur place, illustrant l'exaspération quotidienne de la communauté scolaire.

Fracture républicaine et surenchère politique autour de la colère lycéenne

Ces images ont immédiatement provoqué la fureur du sommet de l'État. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé "une surenchère irresponsable d'élus de La France insoumise", affirmant avec fermeté que "rien ne justifiait de mettre en danger des élèves, des personnels ou des policiers." Dans un télégramme conjoint, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray rappellent que "si l'expression des lycéens doit être respectée, les actions violentes ne sauraient être tolérées."

Cette ligne dure ne fléchit pas la position des Insoumis. Jean-Luc Mélenchon a exhorté les élus de sa formation à se déplacer systématiquement pour faire rempart face aux interventions policières. Pour le mouvement d'opposition, la révolte de la jeunesse des quartiers populaires constitue un symbole de résistance face au désengagement des services publics dans les banlieues.

La contestation fait désormais tache d'huile sur le territoire francilien. Plusieurs dizaines d'établissements font face à des perturbations synchronisées, notamment à Stains, Aubervilliers ou Rosny-sous-Bois, mais aussi dans le Val-de-Marne. Portés par des appels viraux à la grève nationale, ces blocages perlés font redouter aux autorités un engrenage sécuritaire incontrôlable à la veille des prochains défilés interprofessionnels.

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