Crédit à la consommation : l'obtenir va être beaucoup plus difficile dans les prochaines semaines

Publié par Matthieu Chauvin
le 23/09/2026
Femme factures
Istock
Dès le 20 novembre 2026, l'accès au crédit à la consommation se durcit sous l'effet du décret n°2026-105 afin d'endiguer une flambée du surendettement.

Régler un panier en quatre fois sans frais ou souscrire un micro-prêt en ligne représentait jusqu'ici une simple formalité pour des millions de consommateurs. Face à la multiplication des impayés, les autorités financières sifflent la fin de cette récréation numérique. La France transpose ainsi les exigences européennes pour encadrer vigoureusement les habitudes d'emprunt des ménages.

Un durcissement historique issu du décret du 19 février 2026

Le texte d'application de la directive européenne (UE) 2023/2225 redéfinit en profondeur le périmètre du crédit. Fini le vide juridique : les microcrédits de moins de 200 euros, les facilités de paiement fractionné et les découverts bancaires entrent pleinement dans le champ de la régulation, dont le plafond s'élève désormais jusqu'à 100 000 euros. Les fintechs comme Alma ainsi que les organismes traditionnels comme Cetelem ou Cofidis doivent repenser leurs offres en intégrant les mêmes garde-fous que pour un prêt classique.

Enquête de solvabilité et FICP obligatoire : la fin des souscriptions express

Le clic instantané appartient désormais au passé. Les prêteurs doivent impérativement consulter le Fichier national des incidents de remboursement des crédits aux particuliers (FICP) avant d'accorder le moindre financement. Les justificatifs de revenus et l'analyse minutieuse des charges deviennent incontournables. "C'est l'étude de solvabilité, notamment la connaissance client, le fonctionnement du compte, qui permettra aux établissements d'accorder ou non une autorisation de découvert", rappelle la Fédération bancaire française auprès du Dauphiné Libéré.

L'urgence du surendettement et le piège des crédits facilités

Cette fermeté répond à une situation sociale alarmante, alors que 42 % des Français remboursent actuellement un emprunt. Les facilités de caisse dématérialisées attirent particulièrement les ménages modestes et les jeunes actifs. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, n'hésite pas à qualifier ces facilités de paiement et crédits renouvelables de "drogue douce", selon des propos rapportés par Boursorama.

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Transparence totale et fin des coûts masqués pour l'emprunteur

Pour assainir le marché, l'affichage du taux annuel effectif global (TAEG) devient obligatoire sur chaque promotion de paiement étalé. La réforme prévoit également la suppression des minimums forfaitaires d'agios, qui pénalisaient lourdement les petits découverts. Les établissements devront enfin renforcer leur devoir de conseil et orienter sans attendre les profils en difficulté vers des structures d'accompagnement indépendantes.

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