Cette banque aux 8 millions de clients français piratée : vos données en danger ?

Publié par Matthieu Chauvin
le 15/09/2026
Siège Revolut
Istock
Piégée par des pirates informatiques ayant usurpé une adresse gouvernementale authentique, la néobanque Revolut a transmis par erreur les dossiers confidentiels de plusieurs centaines de clients.

L'établissement financier qui monte, aux 8 millions de clients en France, fait face à une manipulation administrative sans précédent. Des cybercriminels ont réussi à s'emparer de dossiers d'identification ultrasensibles sans jamais forcer les serveurs informatiques de l'entreprise. Cette brèche ciblée suscite désormais de vives inquiétudes quant aux tentatives d'escroqueries directes visant les personnes compromises.

Une transmission de dossiers confidentiels sous la pression d'une fausse autorité

Entre le 11 et le 14 septembre 2026, la "néobanque" a alerté par notification individuelle près de 700 usagers, environ 680 comptes ciblés selon les chiffres confirmés par l'établissement. Parmi les profils touchés figurent notamment des acteurs du secteur des actifs numériques, à l'instar de Mark Karpelès. Les documents transmis aux fraudeurs regroupent l'intégralité du parcours de vérification d'identité (KYC) : copies de passeports ou de permis de conduire, selfies biométriques de contrôle, coordonnées personnelles, IBAN, relevés bancaires détaillés et historiques des transactions, y compris en cryptomonnaies.

Revolut a néanmoins tenu à rassurer l'ensemble de ses usagers quant à l'intégrité de leur épargne. "Les systèmes de Revolut et les fonds des clients ne sont pas affectés", a précisé la direction dans une communication relayée par Capital. Aucun mot de passe n'a quitté l'infrastructure centrale et aucun prélèvement automatisé immédiat ne menace les soldes des utilisateurs.

Les rouages d'une attaque par ingénierie sociale administrative

Pour réussir cette manœuvre, les assaillants ont exploité le protocole de réquisition judiciaire d'urgence (Emergency Data Request), une procédure légale stricte obligeant les banques à répondre dans des délais très courts. Les malfaiteurs ont expédié leur demande via une adresse fonctionnelle rattachée au domaine authentique d'une agence étatique. Les barrières techniques habituelles (SPF, DKIM, DMARC) ont par conséquent certifié la légitimité apparente du courriel, induisant en erreur les analystes chargés de la conformité.

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L'entreprise a détaillé les circonstances du piège comme le rapportent nos confrères : "Revolut a récemment identifié une escroquerie sophistiquée par usurpation d'identité externe, au cours de laquelle un tiers non autorisé a utilisé l'e-mail d'un domaine d'une agence gouvernementale légitime pour soumettre des demandes d'informations frauduleuses.".Aussitôt la supercherie constatée, la banque a bloqué l'expéditeur, saisi les autorités policières et déposé un signalement auprès de l'Information Commissioner's Office (ICO), le régulateur britannique des données personnelles.

Les réflexes essentiels pour sécuriser ses comptes et son identité

Si vous ne constatez aucune notification spécifique dans votre application mobile ou sur votre messagerie sécurisée, votre compte figure parmi les profils épargnés au sein des 80 millions d'utilisateurs de la néobanque. En revanche, les victimes directes s'exposent à des vagues de faux conseillers bancaires par usurpation de numéro téléphonique (spoofing). Munis de justificatifs réels et de vos relevés de compte, les escrocs peuvent simuler un appel de votre banque. Retenez la règle absolue : aucun intervenant légitime ne vous réclamera de mot de passe, d'identifiant secret ou de code de validation reçu par SMS.

En cas de doute sérieux, déposez immédiatement une main-courante auprès des forces de l'ordre et signalez la situation aux organismes de crédit pour prévenir toute souscription frauduleuse à votre insu. Activez sans délai l'authentification à double facteur (2FA) sur l'ensemble de vos services bancaires et examinez quotidiennement chaque débit enregistré sur vos comptes.

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