Carburants : le gouvernement s'oppose à la baisse des taxes réclamée par l'opposition

Publié par Matthieu Chauvin
le 18/09/2026
Hausse des prix du carburant
Istock
Votre plein va vous coûter encore plus cher.
Face à l'envolée record des prix à la pompe, le gouvernement refuse catégoriquement d'abaisser les taxes sur les carburants pour préserver les finances publiques, malgré la vive pression des oppositions.

Après les échanges entre Emmanuel Macron et les chefs de partis politiques à l'Élysée ce matin, la question du coût de la vie électrise le débat public. Avec un gazole qui dépasse 2,39 euros le litre et un sans-plomb 95-E10 au-delà de 2,17 euros, la pression s'accentue sur l'exécutif pour stopper l'hémorragie financière des ménages.

Le refus catégorique de l'exécutif face aux revendications de l'opposition

Invité sur France Inter ce vendredi 18 septembre, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a fermé la porte à toute baisse de la fiscalité énergétique. L'argument budgétaire sert de rempart face aux critiques : une ristourne globale sur les taxes "coûterait plus cher que le budget de la Justice", a-t-elle insisté. Ce verrouillage politique intervient juste après un sommet élyséen tendu sur les crises économique et énergétique, où les partis ont réclamé des mesures fortes.

Les oppositions dénoncent ce positionnement ferme. Dans La Dépêche du Midi, le secrétaire national du PCF Fabien Roussel fustige l'absence de réponse immédiate devant le "coût insupportable" de la vie quotidienne pour les salariés. Le front politique réclame des actions d'urgence : le Rassemblement national exige d'abaisser la TVA sur l'énergie de 20 % à 5,5 %, tandis que la gauche demande le blocage pur et simple des tarifs des distributeurs ou des dégrèvements fiscaux localisés.

Poids fiscal, rigueur budgétaire et maintien des aides ciblées

Dans le montant payé à la station-service, la fiscalité pèse lourd. L'accise sur les énergies et la TVA représentent actuellement entre 45 % et 50 % de l'addition totale pour un automobiliste. Cependant, Bercy exclut tout retour au "quoi qu'il en coûte". Sous surveillance stricte quant au déficit public, l'État estime qu'effacer quelques centimes à l'échelle nationale priverait les caisses publiques de plusieurs milliards d'euros, soit davantage que l'ensemble des dotations annuelles du ministère de la Justice, chiffrées à plus de 10 milliards d'euros.

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Pour limiter la casse sociale sans vider les caisses, l'exécutif privilégie des dispositifs réservés à des publics précis. Les aides sectorielles pour la pêche (35 centimes par litre), le BTP (20 centimes) et l'agriculture (15 centimes) restent effectives jusqu'au 31 décembre, mobilisant environ 70 millions d'euros par mois. 

Par ailleurs, Maud Bregeon a précisé sur France Inter : "Nous travaillons à un nouveau dispositif d'aide pour les Français qui travaillent à compter du 1er octobre." Ce coup de pouce ciblera en priorité les travailleurs modestes et grands rouleurs, dans la lignée de l'indemnité de 100 euros. Sur TF1, le ministre délégué chargé du Commerce Serge Papin a confirmé cette méthode : "Nous nous réunissons lundi autour du Premier ministre pour prolonger les aides", préparant ainsi les arbitrages finaux de Matignon.

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