Affaire Lyhanna : pourquoi la famille veut que la cause de la mort reste secrète

Publié par Matthieu Chauvin
le 02/09/2026
Marche blanche Lyhanna
abacapress
Trois mois après le drame dans le Gers, les expertises ont déterminé comment Lyhanna est morte, mais l'avocat des parents refuse de révéler ces éléments avant le procès.
 

La découverte du corps de la fillette de 11 ans dans un silo agricole de Puycasquier, le 4 juin 2026, avait provoqué une vive émotion. Alors que le principal suspect, Jérôme Barella, est mis en examen pour meurtre et viol sur mineure de moins de 15 ans, le dossier franchissait peu de temps après une étape importante avec les résultats médico-légaux. Pourtant, les parties civiles et la justice font le choix de ne rien divulguer.

La cause du décès confirmée mais maintenue sous le secret judiciaire

Le 2 septembre 2026, l'avocat des parents de la victime, Me François Roujou de Boubée, a confirmé que les experts ont désormais établi avec précision les circonstances de la mort de l'enfant. Interrogé par La Dépêche du Midi et Le Parisien, le conseil a formulé une réponse sans équivoque : "On le sait." Il a néanmoins refusé d'en dire davantage : "Je ne le dirai pas."

Face aux nombreuses spéculations médiatiques, la famille a choisi de verrouiller l'accès aux conclusions techniques. "On a entendu de tout et de n'importe quoi, notamment dans les émissions télé. Pour l'instant, on préfère garder cet élément secret", a précisé le représentant de la famille. Les premières constatations de juin n'avaient pas permis d'isoler un mécanisme létal unique sans examens toxicologiques et anatomopathologiques poussés.

Cette rétention d'information respecte rigoureusement l'article 11 du Code de procédure pénale, régissant le secret de l'instruction. Menées sous l'autorité des magistrats instructeurs d'Agen, les investigations doivent se poursuivre à l'abri des pressions extérieures pour éviter de compromettre les actes de procédure restants.

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Une décision stratégique pour le futur procès aux assises

Ce silence calculé répond avant tout à une logique judiciaire. En gardant secret un élément matériel direct, les magistrats et les parties civiles disposent d'un moyen de confrontation déterminant face à Jérôme Barella lors des interrogatoires sur le fond. Comme l'a souligné l'avocat : "Cela va peser à la cour d'assises." L'homme, interpellé après la disparition de l'écolière le 29 mai 2026 à Fleurance, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Cette discrétion protège également la dignité de la jeune victime et préserve ses proches d'une exposition publique insoutenable des violences physiques subies. Si les expertises génétiques ont déjà caractérisé les agressions sexuelles, la famille refuse catégoriquement que les derniers instants de la fillette ne soient étalés dans l'espace médiatique.

L'instruction se déroule dans un climat tendu, marqué par le profil judiciaire du suspect et les interrogations sur la gestion de plaintes passées. Pour l'institution, solidifier chaque élément de preuve sans fuite permet de présenter un dossier inattaquable lors du futur renvoi devant la cour d'assises.

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