7 Octobre : trois ans après, tous les otages ont-ils été retrouvés ?

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 07/10/2026
otage
Istock
Trois ans après les attaques terroristes du 7 octobre 2023 en Israël, le souvenir des 251 personnes enlevées reste vif dans les mémoires internationales. Alors que le troisième anniversaire marque un tournant historique avec le rapatriement officiel de tous les captifs de la bande de Gaza, que sait-on exactement du sort de chacun ? Décryptage d'un bilan officiel complexe entre soulagement, distinctions lexicales et deuil impossible.

Le décompte a accompagné les proches pendant plus de deux ans. Depuis les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre 2023, qui ont fait environ 1 200 morts, le sort des 251 personnes emmenées à Gaza a occupé une place centrale dans les négociations, les mobilisations publiques et les opérations militaires.

Au moment de ce troisième anniversaire, la réponse à la question des otages encore retenus est désormais connue : les autorités israéliennes annoncent qu’il n’en reste plus dans l’enclave, ni vivant ni décédé. Cette annonce remonte au 26 janvier 2026, avec le retour de la dépouille du policier Ran Gvili. Encore faut-il distinguer la fin de cette attente du sort de l’ensemble des disparus du conflit.

Ran Gvili, le dernier otage ramené de Gaza

Âgé de 24 ans au moment des attaques, Ran Gvili avait été tué en combattant les assaillants le 7 octobre 2023. Son corps avait ensuite été emporté dans la bande de Gaza.

Le 26 janvier 2026, les autorités israéliennes ont annoncé l’identification et la récupération de sa dépouille, retrouvée dans le nord de l’enclave. L’armée a alors déclaré que tous les otages, vivants et décédés, avaient été ramenés en Israël.

Cette étape est survenue 843 jours après les attaques. Les obsèques du jeune policier ont eu lieu le 28 janvier dans sa ville de Meitar, en présence de centaines de personnes.

Pour sa famille, le retour a permis de l’enterrer et de disposer enfin d’un lieu où se recueillir. Il a mis un terme à l’attente de sa restitution, sans effacer la douleur de sa disparition.

Vous avez aimé cet article ?

Pourquoi « tous ramenés » ne signifie pas « tous revenus vivants »

La distinction est essentielle. Depuis octobre 2023, les retours ont pris plusieurs formes : libérations négociées, sauvetages militaires, restitutions de dépouilles et récupération de corps lors d’opérations.

Le bilan final ne correspond donc pas à 251 personnes sauvées. Certains otages sont revenus vivants après des mois de captivité. D’autres sont morts pendant leur détention. Certaines victimes, comme Ran Gvili, avaient déjà été tuées lorsque leurs corps ont été emportés à Gaza.

Parler de « retour de tous les otages » décrit ainsi une situation précise : aucun des otages recensés ne reste à ramener, selon les autorités israéliennes. Employer indistinctement le mot « libération » ferait disparaître la réalité des familles qui ont retrouvé une dépouille plutôt qu’un proche vivant.

Tous les corps ont-ils été retrouvés ? Une question à préciser

L’annonce concerne les dépouilles des otages retenues à Gaza, et non l’ensemble des personnes mortes ou disparues depuis le début de la guerre.

Elle ne permet donc pas d’affirmer que tous les corps des victimes du conflit ont été retrouvés. Le sort des disparus parmi la population palestinienne de Gaza constitue un dossier distinct, qui ne peut être considéré comme résolu par le retour du dernier otage.

Autre nuance : identifier une dépouille ne suffit pas nécessairement à établir toutes les circonstances du décès. L’identité, la date de la mort et ses causes précises sont des questions différentes. Le retour d’un corps n’apporte donc pas automatiquement toutes les réponses attendues par les proches.

Facebook

La fin de l’attente, pas celle du deuil

Trois ans après les attaques, les familles ne vivent pas toutes la même situation. Certaines accompagnent un survivant dans sa reconstruction. D’autres entretiennent le souvenir d’un proche assassiné ou mort en captivité.

La restitution d’une dépouille permet des gestes longtemps impossibles : organiser des obsèques, se recueillir sur une tombe, réunir les proches. Elle peut aussi faire surgir de nouvelles émotions, sans suivre un calendrier prévisible.

Le deuil n’a pas attendu le retour du corps pour commencer, et ce retour ne l’achève pas. Les commémorations donnent une place publique aux victimes et à leurs histoires. Pour les familles, le besoin de soutien demeure bien au-delà des cérémonies et de l’annonce du dernier rapatriement.

Sources

 
Google News Voir les commentaires