Rima Hassan et la "génération Palestine" : quand la mobilisation des campus vire au drame
Le décès tragique d'un jeune militant en marge d'une conférence politique marque un tournant inquiétant dans la vie universitaire française. Au-delà du fait divers, cet événement interroge brutalement la méthode de La France insoumise, qui mise sur une radicalisation des campus pour consolider son socle électoral. L'onde de choc dépasse désormais la simple joute oratoire.
Une violence politique qui éclipse la tournée lyonnaise
Le déplacement de Rima Hassan à Lyon, prévu pour galvaniser la jeunesse étudiante, restera associé à la mort de Quentin, 23 ans. Cet étudiant et militant nationaliste a succombé à ses blessures en février 2026, suite à une violente altercation survenue en marge de l'événement organisé près de Sciences Po Lyon. Selon Sud Ouest, les premières investigations s'orientent vers des suspects issus de la mouvance d'ultragauche. Si une thèse initiale évoquait une "rixe" entre bandes rivales (Jeune Garde contre Némésis), cette version est vigoureusement contestée par les proches de la victime.
Maître Fabien Rajon, avocat de la famille, dénonce dans TG Plus un "lynchage gratuit" visant un jeune homme isolé, réfutant l'idée d'un affrontement symétrique. La classe politique s'est immédiatement emparée du drame : le Rassemblement National pointe la responsabilité morale de LFI et de ses "milices d'extrême gauche", faisant référence au groupe Jeune Garde, dissous par le gouvernement en 2025. Face à la tempête, Manuel Bompard et Rima Hassan condamnent "fermement" la violence, assurant qu'aucun membre de leur service d'ordre n'est impliqué. Pour Jean-Luc Mélenchon, la ligne de défense reste l'attaque : "C'est nous qui sommes agressés", affirme-t-il, dénonçant une instrumentalisation.
Rima Hassan, symbole politique et pari sur les étudiants
Ce drame met en lumière le pivot stratégique opéré par Jean-Luc Mélenchon : faire de la cause palestinienne le moteur unique de la mobilisation des 18-35 ans. Rima Hassan, juriste franco-palestinienne, est devenue, selon L'Express, "l'incarnation absolue de la Palestine en France". Son positionnement clivant, prônant un État binational et reprenant le slogan "du fleuve à la mer", vise à créer une adhésion passionnelle dans les amphithéâtres.
Cette tactique repose sur une polarisation assumée. Les analystes décrivent une véritable "fièvre" lors de ses apparitions, transformant l'eurodéputée en icône pour une partie de la jeunesse. En réaction, la "guerre des campus" s'intensifie. Les annulations de conférences à Lille ou à Sciences Po Paris se multiplient. En novembre 2024, le Conseil d'État avait d'ailleurs validé l'interdiction d'une de ses interventions, invoquant la nécessité de préserver les lieux d'enseignement de "toute emprise politique". Parallèlement, l'arme judiciaire est dégainée : Libération rappelle que plusieurs plaintes pour "apologie du terrorisme" visent l'élue, renforçant paradoxalement son statut de figure "antisystème".
L'escalade de la violence et la stratégie du choc
L'issue fatale de Lyon démontre les risques inhérents à cette stratégie de la tension. En transformant les universités en bastions politiques, LFI s'expose à un retour de bâton démocratique. Le décès de Quentin sert d'argument massue aux opposants de gauche comme de droite pour réclamer un "cordon sanitaire" strict autour des Insoumis.
Rima Hassan agit comme un "aimant à polémiques", attirant autant les soutiens radicaux que les opposants virulents. Cet effet de milieu favorise les débordements physiques. Pour La France insoumise, l'équation devient périlleuse : maintenir cette ligne de "résistance" au risque d'être définitivement associée au désordre public, ou tempérer le discours, au risque de décevoir cette "génération Palestine" qu'elle a patiemment chauffée à blanc.
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