En délicatesse avec François Hollande et ciblé par Claude Bartolone, le chef du gouvernement est-il en danger ?

Avis de tempête dans le ciel de Manuel Valls. Depuis quelques jours, le Premier ministre est en effet dans le viseur de plusieurs membres de la majorité.

Les "provocs" de Manuel VallsFrançois Hollande serait en effet lassé qu’il "fasse provoc sur provoc", rapporte le Canard Enchaîné. "Il tire un peu trop sur la corde. Il fait de la communication, encore de la communication, et les réformes n’avancent guère", se serait même plaint le président. Ce dernier reprocherait également à Manuel Valls de vouloir marcher sur ses plates-bandes. Il aurait d’ailleurs profité de la remise de la médaille de l’ordre national du mérite pour le remettre, plus ou moins explicitement, à sa place. "Clemenceau était controversé au sein de la gauche française, c’est sans doute pourquoi vous l’aimez. Il n’est pas devenu président de la République mais on peut réussir son existence sans être président", lui avait-il lancé. Une simple "boutade" du président selon Manuel Valls, mais qui en dit cependant long sur leur relation.

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Certains ministres le voient partir avant 2017Et alors que la majorité a essuyé une grosse claque aux élections municipales de mars dernier, au sein de ses propres rangs certaines voix prédisent un nouvel échec aux départementales et aux régionales de 2015. Des ministres parieraient même sur un départ anticipé de Manuel Valls avant la fin de son mandat à Matignon, révélait Europe 1 il y a quelques jours. A sa place, ils verraient Bernard Cazeneuve, l’actuel ministre de l’Intérieur. Toujours selon la radio, ce dernier aurait "le profil parfait" car "proche du président, (…) raccord sur la ligne politique, loyal et sans ambition présidentielle". Un véritable désaveu pour le chef du gouvernement dont la cote de popularité baisse, même si elle est toujours supérieure à celle de François Hollande.

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Bartolone n’aura pas sa placeDans cette tourmente, Manuel Valls ne peut pas compter sur Claude Bartolone. Le président de l’Assemblée nationale révérait en effet de pouvoir enfiler ses souliers à Matignon. Ce dont le Premier ministre a conscience. Aussi, a-t-il affirmé lundi : "Bartolone, il veut ma place, mais je ne la lui laisserai pas". Une manière de prévenir qu’il ne se laissera pas faire. Il faut dire que son adversaire se montre plutôt piquant. "Franchement, pour le moment, le Premier ministre comme les députés doivent être concentrés sur la réponse à l'attente qui existe dans ce pays", a-t-il lâché la semaine dernière dans un tacle envoyé au lendemain d’une interview choc de Manuel Valls. "Je ne me laisserai pas tirer vers le bas. Je ne me laisserai pas enfermer", avait déclaré le chef du gouvernement, dénonçant une "gauche passéiste" et se prononçant une fois encore en faveur d’un changement de nom du PS.

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"Je fais du Valls"

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Des propos forts qui n’avaient pas manqué de faire réagir la gauche. "Ma mission, c’est de mener les réformes", a ainsi tenu à rappeler Manuel Valls à ses détracteurs. "Je fais du Valls", s'est-il aussi justifié avant de prévenir: "c’est réformer et je vais réformer parce que ce pays a besoin de réformes". Malgré la tempête, Manuel Valls n’a donc pas l’intention de renoncer au cap qu’il s’est fixé.

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