Même évincé du Front national, le cofondateur du parti n’entend pas dire son dernier mot. Déjà, il fourbit ses armes contre Marine Le Pen et pourrait faire des révélations fracassantes.

Le "menhir" ne compte pas se taire. Quarante-huit heures après son éviction du Front national, Jean-Marie Le Pen entend représenter une nuisance pour sa fille, Marine Le Pen, coupable de "félonie" à son égard et vilipendée par ce dernier depuis l’annonce de sa sanction. "Je suis dur, encore plus dur que ça, ça ne fait que commencer pour eux", a même menacé mardi matin Jean-Marie Le Pen.

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Fier et orgueilleux, le patriarche de Montretout compte bien rendre la monnaie de sa pièce à sa fille et pour cela, il dispose de nombreux leviers.

Jean-Marie Le Pen a tout d’abord une arme financière entre ses mains. À la tête de Cotelec – le microparti qui récolte les dons et sert de banque au FN – ce dernier pourrait s’en servir contre le parti frontiste, en soutenant une dissidence ou un autre parti, par exemples.

"Il est vraisemblable que Jean-Marie Le Pen ait des dossiers"

Président du Front national pendant plus de quarante ans, celui-ci connaît toutes les affaires internes du parti qu’il a cofondé en 1972. De même, son statut de président d’honneur lui permettait d’assister à toutes les grandes réunions internes au parti et d’avoir donc un œil sur les affaires et dossiers importants. "Il est vraisemblable que Jean-Marie Le Pen ait des dossiers sur les uns et les autres et qu’il saura les sortir.", raconte à 20 minutes Joël Gombin, chercheur en sciences politiques et enseignant à l’université de Picardie.

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Même s’il a été désavoué par les bureaux politiques et exécutifs qui ont voté à une quasi majorité sa suspension du FN, le "menhir" garde encore des soutiens à l’intérieur de l’appareil qui pourront lui être utiles par la suite. Au premier rang desquels, Bruno Gollnisch, eurodéputé et ancien dauphin de Jean-Marie Le Pen depuis la "félonie", déjà, de Bruno Mégret, parti en 1998 en contestant le leadership du président du FN.

Marine Le Pen : "Je ne crains aucune nuisance"

Jean-Marie Le Pen représente également une nuisance pour Marine Le Pen depuis qu’il a fait savoir qu’il engagerait "tous les recours possibles", c’est-à-dire judiciaire, entre autres, pour contester la décision de le suspendre du parti. "Je pense qu'un recours n'a aucune chance d'aboutir (…) la messe est dite.", lui avait rétorqué Wallerand de Saint-Just, avocat du FN.

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Dernièrement, celui qui est encore président d’honneur du parti a fait entendre qu’il pourrait créer un autre parti et pourquoi pas se mettre en obstacle à sa fille pour 2017. "Le temps est maintenant celui de la réflexion. Je dois m’interroger sur les possibilités qu’a le courant national de s’exprimer à temps pour sauver notre pays. Est-il encore possible de le faire avec le Front national dirigé par Marine Le Pen ? Je ne sais pas", a-t-il expliqué mardi sur France 2. Interrogé sur son intention de créer un nouveau mouvement, Jean-Marie Le Pen ne l’a pas exclue : "Je ne sais pas, je réfléchis".

De son côté, Marine Le Pen, actuellement en déplacement à Prague, a fait savoir qu’elle ne craignait "aucune nuisance" de la part de Jean-Marie Le Pen.

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