Depuis l’annonce d’un attentat déjoué sur un base militaire, le président François Hollande est sous le feu des critiques. Mais que lui reproche-t-on exactement ?

"Cette semaine nous avons également prévenu des actes terroristes qui auraient pu être produits", a déclaré François Hollande devants des caméras, mercredi lors d’un déplacement sur un site pétrochimique à Marseille. Et celui-ci d’ajouter ensuite que dans la soirée le ministre de l’Intérieur donnera plus de détails sur la révélation qu’il vient de faire.

Il a bousculé l’agenda de Bernard CazeneuveDes déclarations qui, aux yeux de l’opposition, ont soulevé plusieurs problèmes. Tout d’abord, la veille, François Hollande avait assuré lui-même lors de sa traditionnelle interview du 14 juillet qu’il n’avait pas "à faire des conférences de presse" pour "informer les Français" des projets d’attentats visant le pays. Or, le lendemain, il a fait tout le contraire.

Ensuite, en annonçant que Bernard Cazeneuve allait donner plus de détails dans la soirée, François Hollande a chamboulé l’agenda du ministre. Ainsi que le rapporte Le Figaro, le ministre de l’Intérieur devait initialement s’exprimer sur les quatre auteurs présumés d’un attentat déjoué visant des installations militaires jeudi. L’annonce surprise du chef de l’Etat a donc avancé sa conférence de presse de 24 heures, "réunissant les journalistes, place Beauvau, tard dans la soirée", rapporte le quotidien.

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Précipitation et "surcommunication positive"Et c’est justement cette précipitation et le changement de programme imposé par François Hollande à son ministre dont s’est emparée l’opposition. C’est "une volonté d’appropriation politique", a en effet dénoncé Frédéric Péchenard, le bras droit de Nicolas Sarkozy sur Europe 1. Selon lui, cette "communication politique" sert à "masquer un certain nombre d’échecs du gouvernement ou de difficultés dans les domaines du chômage ou (de l’économie)". Cette "surcommunication (…) insupportable" permet au président de la République de tirer profit d’un sujet sur lequel "on sait qu’on va avoir l’unanimité" et qui permet d’avoir "une communication positive", a quant à lui raillé sur Twitter l’ancien ministre UDI, Hervé Morin.

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Du côté de l’entourage de François Hollande, les arguments pour défendre son attitude tournent autour du devoir de vérité envers les Français. "Le président est interrogé sur le terrorisme, il prend la seule décision possible, celle de dire la vérité. C'est aussi simple que cela. S'il n'avait rien dit, on aurait dit qu'il savait, et qu'il cachait des choses", a expliqué un conseiller de l’Elysée cité par Le Figaro.  "Il est important que le gouvernement de temps en temps puisse faire savoir que les services de renseignement sont efficaces, que la police est efficace, que la gendarmerie est efficace", a par ailleurs souligné Ségolène Royal sur BFM TV.

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