Ils ont quitté le parti frontiste et depuis leur carrière politique bat de l’aile. Retour sur ceux qui ont tenté de concurrencer le parti et qui s’en sont mordus les doigts.

Le président d’honneur du Front national, Jean-Marie Le Pen, a annoncé cette semaine son intention de créer une formation politique qui sera "un parachute contre le désastre, de façon à peser pour rétablir la ligne politique" que sa fille, Marine Le Pen, a transformée.

Avant lui, d’autres membres frontistes ont quitté le parti pour tenter de créer leur propre entité politique ou pour en rejoindre d’autres, plus à droite, en ne trouvant, bien souvent, pas la fortune qu’ils escomptaient.

Les concurrents

Longtemps considéré comme le dauphin de Jean-Marie Le Pen au Front national, Bruno Mégret a pourtant quitté avec fracas le parti en 1998, provoquant une scission à l’intérieur de celui-ci. Ce "Brutus", comme Jean-Marie Le Pen le surnommait dédaigneusement, créera dans la foulée un nouveau parti politique baptisé Mouvement national républicain (MNR). Mais le parti enregistre de mouvais scores électoraux ne dépassant jamais la barre des 3%. Pis encore, sa présence aux présidentielles en 2002 – où le parti réalise pourtant son meilleur score – n’a pas empêché le Front national d’accéder au second tour. Depuis, l’ancien haut fonctionnaire à la retraite se fait discret.

Un autre membre emblématique du Front national parti avec pertes et fracas : Carl Lang. Resté pendant trente années dans le parti avant de le quitter en 2008, suite à une brouille avec Marine Le Pen, celui-ci crée l’année suivante sa formation politique, Le Parti de France (PDF). Là encore, le parti ne réalise pas de bons scores aux élections, entre 2% et 4%, et Carl Lang ne peut pas se présenter à l’élection présidentielle de 2012, faute de parrainages.

Les maires indélicats

Maire de Marignane de 1995 à 2001 sous l’étiquette Front national, Daniel Simonpieri quitte le parti lors de sa scission et rejoint le MNR de Bruno Mégret. Il sera réélu en 2001 à la tête de sa ville, puis prendra les couleurs de l’UMP pour les élections municipales de 2008. Mais il ne réalise pas un très bon score et se retrouve en troisième position, derrière les listes divers-droite et socialiste. Peu après, il est condamné à cinq ans d’inéligibilité dans un dossier de favoritisme et d’emploi fictif.

Lui aussi maire, Jean-Marie Le Chevallier, adhère au Front national en 1984 avant de le quitter 15 ans plus tard. Entre temps, il se fait élire à la tête de Toulon en 1995 jusqu’en 2001 où il échoue à se faire réélire. Suite à cette défaite, il quitte la politique avant de se faire rattraper par la justice qui le condamne à 100 000 francs d’amende pour détournement de fonds publics.

Les transfuges

Lors de la scission provoquée par le départ de Bruno Mégret en 1998, deux cadres éminents du Front national d’aujourd’hui ont tenté leur chance à l’ombre du parti avant de revenir dans la lumière. Ainsi de Nicolas Bay, pourtant adhérant du FN depuis l’âge de 14 ans, devenu membre fondateur du Mouvement national républicain (MNR) avec Mégret. Trop proche de Marine le Pen, celui-ci est exclu du parti et retournera au FN pour en devenir le secrétaire général. L’actuel maire d’Hénin Beaumont, Steeve Briois, a connu la même trajectoire, revenant lui quelques temps après au parti auquel il avait adhéré à l’âge de 16 ans.

Les extrêmes

D’autres, plus virulents, ont quitté le Front national remettant en cause la ligne politique du parti, pas assez dure selon eux. C’est le cas d’Yvan Benedetti, proche de Bruno Gollnisch, farouche opposant à Marine Le Pen et à sa volonté de "dédiaboliser" le parti. Il est exclu du Front national en 2011 et crée la même année les Jeunesses nationalistes, un groupuscule d’extrême-droite. Il deviendra ensuite président de l’Œuvre française, une formation nationaliste. A ses côtés, un ancien membre du FN exclu du parti pour un signe nazi, Alexandre Gabriac, avec qui il dirige les Jeunesses nationalistes. Suite à l’affaire Méric, les deux organisations (Œuvre française et Jeunesses nationalistes) sont dissoutes.

La famille Bompard, seule exception

Des anciens membres du Front national, seule le couple formé par Jacques et Marie-Claude Bompard tire son épingle du jeu. Cofondateur du parti en 1972 aux côtés de Jean-Marie Le Pen, Jacques Bompard en est exclu en 2005 et rejoint dans la foulée le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers qu’il quittera cinq ans plus tard. Il crée alors son parti, La Ligue du Sud, en référence à la Ligue du Nord, en Italie.

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La petite formation politique réussit à la famille Bompard puisqu’il est Maire d’Orange depuis 1995 tandis que sa femme est maire de Bollène depuis 2008. A noter que leur fils, Guillaume, est conseiller municipal de la ville d’Orange. Durant les dernières élections départementales, le petit parti porté par la famille Bompard a réalisé de très bons scores, obtenant çà et là quelques sièges convoités par le FN.

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