Après ceux du Blue Sky M, des migrants d’un autre cargo à la dérive ont été secourus par la marine italienne. Un nouveau scénario qui pourrait témoigner des nouvelles techniques des passeurs.

L'histoire a un air de déjà-vu. Ce vendredi, les garde-côtes italiens ont de nouveau secouru 450 migrants clandestins qui étaient à bord d’un navire à la dérive au large de la Calabre (sud de l’Italie), abandonné par son équipage.

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Le cargo, baptisé Ezadeen, était immatriculé en Sierra Leone et avait déjà été repéré jeudi en train de dériver vers les côtes italiennes. Selon un site dédié au trafic maritime, le cargo de 73 mètres de long serait parti de Chypre et devait rejoindre le port de Sète, dans le sud de la France.

La marine italienne a été alertée par un pavillon islandais chargé de la surveillance des frontières, dans le cadre de la mission européenne Frontex.

Même rengaine pour le Blue Sky M

Mardi dernier, un autre cargo transportant près de 800 migrants syriens avait été intercepté par les garde-côtes italiens. Le Blue Sky M, battant pavillon moldave, se dirigeait lui aussi vers la région des Pouilles, le moteur bloqué à pleine puissance.

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Sans le signal de détresse de l’un des migrants à bord et l’intervention des secours, le cargo se serait fracassé contre le littoral.

Nouvelle technique des passeurs ?

Les passeurs de migrants utilisaient déjà la technique des bateaux-mères des pirates somaliens. Il s’agissait de remorquer des navires chargés de migrants avant de les laisser dériver vers les côtes.

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Mais aujourd’hui, ils ont désormais recours à celle des bateaux suicides. La tactique : affréter de vieux cargos sans valeurs, y entasser des migrants fuyant les conflits, les faire naviguer jusqu’au moment où l’équipage abandonne le navire, sans toutefois oublier de laisser les moteurs bloqués à pleine vitesse, obligeant ainsi les garde-côtes à intervenir le plus rapidement possible pour éviter le naufrage.

Les passeurs laissent alors les pays européens, notamment l’Italie, prendre en charge les rescapés sans risquer de se faire arrêter.

Que fait l’Europe ?

Cette nouvelle technique, qui tend à se reproduire, illustre les lacunes du système de surveillance des frontières de l’Europe.

Toutefois, la Commission européenne n’envisage pas d’opérations de recherches des trafiquants de migrants, comme celles mises en place contre la piraterie en Somalie. Pour ses responsables, les conditions de poursuites ne peuvent d’ailleurs "pas être comparées".

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Une vision qui encourage ainsi les passeurs à utiliser la technique des bateaux suicides, au risque de mettre en danger la vie des migrants qui paient jusqu’à 5 000 dollars leur voyage vers l’Europe.

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