Recherché pour meurtre, il est arrêté... au tribunal

Publié par Amandine Blanchard
le 20/02/2026
arrestation devant un tribunal
New Planet Media
Un jeune homme recherché pour tentative de meurtre a été arrêté au tribunal d'Évry-Courcouronnes alors qu'il assistait innocemment à un autre procès.

Un scénario surréaliste s'est joué dans l'enceinte judiciaire de l'Essonne. Alors que les tensions entre bandes rivales occupent régulièrement la justice, un suspect en cavale a fait le choix incompréhensible de se mêler au public d'une audience sous haute surveillance. Ce fait divers illustre la persistance des violences de quartiers en Essonne, où la frontière entre spectateur et acteur du crime semble parfois s'effacer.

Une arrestation inopinée dans la salle des pas perdus

L'événement s'est produit ce mercredi 18 février 2026, au cœur du palais de justice d'Évry-Courcouronnes. Les forces de l'ordre ont procédé à l'interpellation d'un individu d'une vingtaine d'années, qui ne se trouvait pourtant pas sur le banc des accusés. Selon Le Parisien, le jeune homme s'était glissé parmi les spectateurs pour observer un procès d'assises en cours, pensant sans doute passer inaperçu au milieu de la foule.

La situation relève d'une ironie mordante : le suspect ne se présentait pas pour répondre de ses propres actes, mais agissait en simple observateur. Malheureusement pour lui, il a été formellement reconnu par les policiers déployés pour sécuriser l'audience sensible du jour. Infominute précise qu'il a été appréhendé sans résistance dans la salle des pas perdus. Il était pourtant en fuite depuis plusieurs jours, recherché activement par les services d'enquête qui n'imaginaient probablement pas le cueillir au tribunal.

Une rivalité de sang entre les Mazières et les Bergeries

Cette arrestation n'est pas le fruit du hasard, mais la conséquence d'une enquête pour des faits d'une extrême gravité. Le suspect était traqué suite à une violente rixe survenue le 11 février 2026 à Draveil. D'après Sud Ouest, cet affrontement a impliqué l'usage d'armes blanches et de véhicules utilisés comme béliers. Les sources judiciaires indiquent qu'il est soupçonné d'avoir participé à une expédition punitive, avec des qualifications lourdes : « mise en danger de la vie d'autrui » et « tentative de meurtre ».

Vous avez aimé cet article ?

S'il se trouvait au tribunal ce mercredi, c'était pour suivre le jugement de neuf accusés impliqués dans le meurtre de Saïdou, un adolescent de 15 ans tué en juillet 2020, rapporte Le Parisien. Ce procès « miroir » renvoie aux mêmes dynamiques de violence : une rivalité historique et sanglante entre le quartier des Mazières à Draveil et celui des Bergeries, à cheval sur Draveil et Vigneux-sur-Seine. Sa présence dans la salle d'audience témoigne de la fascination morbide ou de la solidarité clanique qui alimente ces cycles de vengeance interminables.

Une réponse pénale immédiate sous haute surveillance

La réaction judiciaire a été instantanée. Placé immédiatement en garde à vue, le suspect doit être présenté rapidement à un juge d'instruction en vue d'une mise en examen pour les faits du 11 février dernier. Une source proche du dossier s'interroge dans les colonnes du Parisien : « De l'audace ou de l'inconscience ? En fait, se savait-il seulement recherché ? ».

Cet incident souligne la difficulté croissante pour la justice de juger sereinement ces affaires de bandes. Le 27 novembre 2025, une bagarre générale avait déjà éclaté en plein tribunal d'Évry en marge d'un dossier similaire, rappelle Sud Ouest. Face à la recrudescence de ces violences, les autorités maintiennent une vigilance maximale. Le bilan de la délinquance en Essonne pour l'année 2025 fait état de 97 rixes, dont trois mortelles. Toutefois, l'action préventive des forces de l'ordre a permis d'éviter près de 260 affrontements, prouvant qu'aucun territoire, pas même un palais de justice, n'échappe à la surveillance policière.

Google News Voir les commentaires