L'avis de Christian Bourreau, président de l'Union Française des Retraités Régime Général, quant aux départs anticipés pour travail pénible.

Pénibilité : un double regard

C'est écrit dans la Genèse, "Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front" et l'humoriste confirme que le travail n'est pas fait pour l'homme puisqu'il le fatigue. La question est de savoir si cette punition ou cette fatigue doit ou non donner droit à une prise en charge par le régime de retraite, anticipée par rapport à la règle commune ?

Nul ne conteste le départ précoce du mineur silicosé ou du travailleur victime de l'amiante pour lesquels l'autorité médicale reconnaît l'atteinte à l'espérance de vie. On peut également accepter que celui qui a commencé très jeune sa vie professionnelle puisse bénéficier d'un avantage par rapport à celui qui a pu poursuivre ses études. Ces ouvertures existent, elles méritent peut-être d'être élargies.

La situation est différente dans certains secteurs, fonction publique ou régimes spéciaux, qui classent leurs salariés en deux catégories, les "actifs" et les "sédentaires" par exemple dans la fonction publique. Plus que sur la fonction tenue, le classement est lié à la position statutaire et son bien-fondé repose souvent sur des données renvoyant à un passé lointain et révolu (le personnel roulant de la SNCF par exemple).

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L'entreprise, publique ou privée, est responsable de la pénibilité des emplois qu'elle offre. C'est à elle, ou à la solidarité nationale si elle a été défaillante, et non aux régimes de retraite, de l'atténuer et de l'éradiquer lorsqu'elle met en danger l'espérance de vie des salariés.

''Christian Bourreau, président de l'Union Française des Retraités Régime Général''