Une femme française derrière le succès des Beatles ?

Publié par Stéphane Leduc
le 18/09/2026
picture   les beatles, john lennon, paul mccartney, george harrison et ringo starr lors d'une séance d'enregistrement collective aux studios emi 13 septembre 1963 photo par kelvin brodie the times news licensing abacapresscom
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Le romancier Michel Bussi bouscule la légende du rock avec son nouveau polar, imaginant qu'une compositrice française oubliée a signé tous les chefs-d'œuvre des Beatles.

Paru le 3 septembre 2026 aux éditions Les Presses de la Cité, le dernier livre de l'auteur normand franchit déjà les frontières. Ce 18 septembre 2026, le quotidien britannique The Guardian consacre un long coup de projecteur à cette fiction troublante. Entre enquête haletante et réflexion de société, l'écrivain dissèque les coulisses du rock des sixties.

Un polar captivant sur les traces d'un secret d'État musical

L'intrigue débute dans les rues de Liverpool. Une jeune musicienne prénommée Lonely McKenzie découvre par hasard une partition manuscrite et inédite du titre Love Me Do, datée de 1957. C'est alors que sa grand-mère octogénaire, Yvonne, originaire de Normandie, lui fait une confidence fracassante : elle affirme être la véritable parolière et compositrice de tous les tubes légendaires du groupe anglais.

Le roman déploie un choc des générations intense. La jeune femme tente d'établir la véracité de cette confession face à Smoky Slug, un critique musical vieillissant, misogyne et particulièrement hostile à cette version. Cette quête de reconnaissance prend rapidement une tournure dangereuse, jalonnée de morts suspectes et perturbée par l'ombre des services secrets britanniques.

Une revanche féministe au cœur de l'histoire du rock

Pour rendre cette uchronie crédible, Michel Bussi s'appuie sur une chronologie millimétrée. L'intrigue prend racine lors de la kermesse de St Peter à Woolton, le 6 juillet 1957, date authentique de la rencontre historique entre John Lennon et Paul McCartney. 

L'auteur normand injecte avec malice des explications à de réelles curiosités musicales, du refrain en français du morceau Michelle aux notes de La Marseillaise ouvrant All You Need Is Love, jusqu'au larsen énigmatique de I Feel Fine.

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Ce récit propose une lecture sociologique sans fard sur la Beatlemania. « Dans les années 60 et 70, le rock était surtout une affaire d'hommes. Les groupes mythiques de cette époque n'étaient composés que de garçons », rappelle l'auteur lors d'un entretien accordé à The Guardian, l'écrivain souligne la dimension réparatrice de son polar : « Things have changed, thankfully, but for a long time, rock was exclusively a male thing. So I wanted to give them a revenge » (Les choses ont changé, heureusement, mais pendant longtemps, le rock a été une affaire exclusivement masculine. Je voulais donc leur offrir une revanche).

Cette réflexion met en lumière l'effacement systématique des créatrices dans les années soixante. « However awkward my story may seem, it's entirely credible that a female songwriter at that time would only have been able get her songs heard if they were sung by good-looking boys » (Aussi déroutante que mon histoire puisse paraître, il est tout à fait crédible qu'à cette époque, une parolière n'ait pu faire entendre ses chansons que si elles étaient interprétées par de jolis garçons), analyse encore Michel Bussi dans les colonnes du quotidien britannique. 

Si l'exercice flirte avec le crime de lèse-majesté outre-Manche, le roman livre surtout un hommage complice et érudit à l'héritage des quatre garçons dans le vent.

Lien amazon : Code Yesterday : le nouveau polar de Michel Bussi.

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