Thélyson Orélien : l'écrivain soupçonné de fraude à l'IA et maintenant accusé de plagiats
Couronné par le Prix du Roman Fnac le 21 septembre 2026 et sélectionné pour le prestigieux prix Goncourt, l'écrivain Thélyson Orélien voit son succès assombri par une cascade de révélations. Alors que la polémique enflait autour de l'usage supposé d'un générateur de texte pour son ouvrage C'était ça ou mourir, des médias d'outre-Atlantique dévoilent des emprunts massifs dans ses écrits passés. Cette onde de choc déstabilise le milieu littéraire et suscite des réactions contrastées entre Montréal et Paris.
De l'accusation d'écriture par IA aux révélations de plagiat
Une nouvelle déflagration est venue du Québec, où des enquêtes publiées par La Presse et Radio-Canada mettent au jour des similitudes troublantes dans d'anciens textes de l'auteur. Entre 2012 et 2014, plusieurs de ses chroniques contenaient des passages quasi identiques à l'ouvrage Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, ainsi que la traduction mot à mot d'un chroniqueur d'un journal philippin.
Le vice-président Information et éditeur adjoint de La Presse, François Cardinal, a dénoncé ces pratiques : "À une époque où le public est inondé de faux, notre rigueur quotidienne dans la vérification de l'information est notre plus grande responsabilité. Cette tromperie est décevante et inexcusable."
Face à ces révélations, les sanctions n'ont pas tardé au Canada. Les Éditions du Boréal ont immédiatement annoncé la suspension de la tournée promotionnelle de l'auteur, tandis que le Salon du livre de l'Estrie lui retirait son titre d'invité d'honneur. La maison québécoise a précisé : "Pour assurer le bien-être de Thélyson Orélien, nous suspendons pour l'instant les activités promotionnelles entourant le livre, qui demeure toutefois disponible."
Cette fermeté tranche avec la position adoptée en France. Alors que Boréal prend ses distances en affirmant ne pouvoir ni confirmer ni infirmer les faits, les éditions Grasset affichent un soutien inébranlable. L'éditeur parisien condamne "fermement tout propos malveillant" et réaffirme sa confiance absolue envers l'écrivain face à ces attaques.
Détecteurs d'IA, ligne de défense et vertige de la rentrée littéraire
L'affaire avait débuté sur les réseaux sociaux sous l'impulsion du compte anonyme "Balance ton Claude" sur X. Ce profil, derrière lequel se touve l'essayiste Samuel Fitoussi, affirmait, tests du logiciel Pangram à l'appui, que C'était ça ou mourir présentait les marqueurs caractéristiques d'une écriture assistée par intelligence artificielle générative.
Thélyson Orélien a immédiatement rejeté ces allégations d'un revers de main. L'écrivain fait valoir un manuscrit entamé à l'automne 2017 et dont le premier jet a été achevé en 2019, après de multiples étapes de corrections humaines. Revendiquant un style issu de la tradition poétique haïtienne, il dénonce une campagne hostile : "On peut discuter de mon style, mais faire de ces procédés des preuves d'intelligence artificielle n'a rien à voir avec la critique littéraire."
Cette crise confronte désormais les jurys d'automne à un dilemme complexe. Interrogé par l'AFP, Philippe Claudel, président de l'académie Goncourt, a appelé à la retenue : "Face à une telle mise en cause, il faut rester très prudent", rappelant que "jusqu'à preuve du contraire, le processus ne change pas et son livre sera jugé par les jurés sur sa qualité." Si la fragilité technique des détecteurs algorithmiques incite les institutions à temporiser sur le volet technologique, la sévérité déontologique face aux cas avérés de plagiat textuel place l'auteur dans une posture nettement plus incertaine.
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