Ségolène Royal refuse de qualifier ce pays de "régime autoritaire" et le compare à la France !

Publié par Matthieu Chauvin
le 05/10/2026
Ségolène Royal
abacapress
© Bensalem Billel/APP/ABACA
Invitée sur France Inter, Ségolène Royal a suscité une vive indignation politique en refusant de qualifier l'Algérie de régime autoritaire tout en ciblant les méthodes policières françaises.

Les déclarations de la candidate à l'élection présidentielle ravivent de fortes tensions diplomatiques entre Paris et Alger. En pleine précampagne interne pour la primaire de la gauche, cette prise de position perturbe les équilibres partisans et remet la realpolitik bilatérale sous le feu des critiques.

Un refus d'étiqueter Alger et un parallèle sécuritaire controversé sur France Inter

Interrogée au micro de France Inter sur la nature du pouvoir en Algérie, Ségolène Royal a rejeté toute qualification négative de la République algérienne démocratique et populaire. L'ancienne ministre a affirmé : "Je ne peux pas dire que l'Algérie est un régime autoritaire, ce n'est pas mon rôle." Elle a réitéré sa position d'un catégorique "Non, je ne peux pas le dire", mettant en avant sa fonction de présidente de l'Association France-Algérie pour justifier une stricte posture de non-ingérence et d'apaisement bilatéral. Elle concède toutefois : "Je pense qu'il y a en effet un certain nombre de problèmes mais la France n'a pas un certain nombre de problèmes? Elle détient un agent consulaire algérien, vous croyez que c'est malin ça ?"

Face aux relances des journalistes sur les atteintes répétées aux libertés publiques à Alger, la responsable socialiste a dévié les échanges vers l'actualité sécuritaire française. Elle a répliqué : "Et la France, c'est quoi la France ?", remettant directement en cause l'exemplarité de la République. Pour illustrer son propos, elle a fustigé l'interpellation et le menottage d'adolescents de 14 ans lors de récentes mobilisations marquées par le blocage de près de 400 lycées dans l'Hexagone. "Si l'Algérie était ce que vous dites, vous croyez que le pape serait allé en Algérie? Vous croyez pas que c'est barbare ce qu'on voit dans les rues de Paris ?"

Ségolène Royal a ensuite défendu une démarche pragmatique dictée par la souveraineté économique. Selon elle, les bouleversements géopolitiques imposent de préserver les accords bilatéraux conclus avec Alger. La candidate a notamment insisté sur la sécurisation des approvisionnements en gaz naturel et les futurs investissements dans la filière de l'hydrogène vert pour légitimer cette réserve diplomatique.

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L'embarras à gauche et le dilemme diplomatique autour des détenus français

Cette prudence verbale marque un net décalage avec la réalité judiciaire vécue par des ressortissants français. Si l'écrivain franco-algérien Boualem Sansal a bénéficié d'une grâce présidentielle après avoir purgé 12 mois d'incarcération, la situation du journaliste indépendant Christophe Gleizes demeure critique. La cour d'appel de Tizi Ouzou a confirmé sa peine de 7 ans de prison ferme pour apologie du terrorisme, illustrant la sévérité du système pénal algérien.

Ce positionnement provoque une onde de choc parmi les prétendants à la primaire socialiste. Plusieurs figures dénoncent une dérive complaisante et une trahison de l'engagement historique de la gauche pour les droits humains. À l'opposé de l'échiquier, les dirigeants de la droite et du Rassemblement national fustigent un "relativisme inadmissible", reprochant à l'ancienne ministre de minimiser les dérives autoritaires pour des intérêts partisans.

Cet épisode accentue le dilemme de l'exécutif, pris entre sécurité énergétique et défense intransigeante de la liberté de la presse. La dépendance au gaz algérien pèse sur les prises de parole de la classe politique. En choisissant cette ligne conciliante, Ségolène Royal fragilise sa position et risque d'éloigner durablement les électeurs modérés de gauche sensibles aux principes démocratiques.

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