Secret de famille et amour interdit, la folle histoire de la grand-mère normande du souverain pontife
Derrière le patronyme civil de Robert Francis Prevost, devenu le pape Léon XIV, sommeille une histoire digne d'un roman policier. Avant l'accession de son petit-fils aux plus hautes fonctions de l'Église catholique, la lignée familiale a bravé la justice américaine à la suite d'une passion secrète.
Du Havre à Ellis Island, la traversée solitaire d'une jeune Normande
Née au Havre en 1894, fille d'un pâtissier et d'une Cauchoise, Suzanne Fontaine quitte sa terre natale le 13 mars 1915, en pleine tourmente mondiale. À seulement 21 ans, la jeune migrante traverse l'Atlantique à bord du paquebot La Touraine avant de poser le pied à Ellis Island. Hébergée dans un foyer pour ouvrières francophones à Manhattan, elle gagne rapidement l'Illinois pour bâtir une nouvelle existence.
Une liaison clandestine et un scandale public à Chicago
À Chicago, le destin de la Française bascule lors de sa rencontre avec Salvatore Riggitano, un professeur sicilien de 18 ans son aîné. Mais l'idylle vire au drame judiciaire en 1917 : l'homme est déjà marié. Son épouse dépose plainte pour adultère tandis que Suzanne attend un enfant. Le quotidien The Quincy Daily Herald relate alors les déboires de ce trio. Poursuivie par les détectives après l'enregistrement d'une malle à la consigne ferroviaire, la jeune femme se retrouve arrêtée.
Une fausse identité pour échapper à la justice
Afin d'éviter la prison et la flétrissure sociale, les amants choisissent la clandestinité. Salvatore adopte alors le patronyme de sa belle-mère normande : Jeanne Eugénie Prévost offre ainsi, malgré elle, un nom d'emprunt au foyer. En 1920, la déclaration de naissance de leur fils Louis Marius, futur père du pontife, repose sur de faux documents. L'acte invente un père voyageur de commerce. Comme l'indique l'enquête généalogique de QUB radio : « À peu près tout est faux, sauf le pays de naissance de la mère, bel et bien française ».
L'héritage discret d'une grand-mère complice
Cette aïeule a accompagné les premiers pas de son illustre descendant. Disparue en 1979, Suzanne Fontaine a connu Robert Francis Prevost jusqu'à ses 24 ans, alors qu'il venait d'entrer dans les ordres. Le chercheur Christopher White rappelle d'ailleurs auprès de France 24 : « Son nom de famille provient de son arrière-grand-mère française du côté paternel, née en Normandie ». En retrouvant la France, Léon XIV renoue avec la mémoire d'une aïeule dont l'audace a forgé son identité.
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