Risque de pénurie à la pompe : faut-il craindre des stations à sec ?

Publié par Stéphane Leduc
le 15/09/2026
automobiliste faisant le plein d'essence
Istock
Photo d'illustration
Le blocage du dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer par des pêcheurs en colère fait peser la menace d'une rupture d'approvisionnement dans les stations-service du Sud-Est.

Des dizaines de camions-citernes restent cloués sur le bitume provençal depuis les premières heures du jour. Alors que la contestation maritime prend de l'ampleur sur le littoral méditerranéen, les usagers de la route s'interrogent sur la résistance des pompes à essence face à cet arrêt brutal des rotations logistiques.

Coup de filet sur le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer

Dès 3 heures du matin ce mardi, une action coordonnée de professionnels de la mer a cadenassé les accès du terminal des Dépôts Pétroliers de Fos (DPF). Selon la préfecture des Bouches-du-Rhône, « les pêcheurs bloquent la sortie du terminal pétrolier de Fos depuis 03H00 avec une cinquantaine de camions-citernes ». Le représentant syndical Ange Natoli, cité par l'AFP, confirme l'ampleur du dispositif : « Le blocage du dépôt pétrolier a commencé à 03H00 ».

Cette démonstration de force répond à l'explosion continue du coût du gazole marin, combinée à une accumulation de contraintes administratives. Interrogé par le média régional Maritima, Jérôme Vernier, patron-pêcheur à Carro, dénonce une situation intenable pour la survie des équipages : « Notre trésorerie a fondu ».

Le mouvement dépasse désormais le périmètre des Bouches-du-Rhône. Après les opérations menées la veille à Sète et Port-Vendres, les comités régionaux d'Occitanie, de PACA et de Corse réclament un arbitrage ministériel rapide. Les pêcheurs refusent de lever le camp sans engagements fermes, et Bernard Perez, président du comité régional des pêches d'Occitanie, prévient que « le mouvement risque de se durcir ».

Vous avez aimé cet article ?

Un nœud logistique stratégique face au spectre de la rupture

L'infrastructure ciblée représente un poumon pour la distribution régionale d'hydrocarbures. Le site DPF dispose d'une capacité colossale de 830 000 m³ répartis sur 40 bacs, injectant habituellement près de huit millions de mètres cubes de produits raffinés par an vers la Provence et l'est de l'Occitanie.

Pour l'instant, l'asphyxie reste contenue au niveau des cuves de distribution. Les stations-service fonctionnent avec un stock tampon estimé entre deux à trois jours d'exploitation normale, ce qui évite toute coupure brutale immédiate.

Le principal péril à brève échéance repose sur un phénomène d'emballement comportemental. En l'absence de rupture physique initiale, la ruée préventive des conducteurs vers les pistolets de distribution menace de vider les réserves locales en quelques heures et de saturer artificiellement le réseau.

Conséquences directes et réflexes pour les automobilistes

La situation reste sous contrôle pour les prochaines 24 à 48 heures. Des pannes sèches ciblées sur le gazole ou le sans-plomb 95 n'apparaîtront qu'en cas de maintien du barrage au-delà de deux jours consécutifs.

Si la paralysie persiste, les autorités préfectorales disposent de leviers d'urgence. Le préfet peut décider le recours à la force publique pour dégager les voies d'accès ou signer des arrêtés de réquisition d'agents et de transporteurs pour ravitailler en priorité les services de santé et d'intervention.

Pour éviter l'engorgement, les pouvoirs publics recommandent de ne pas modifier ses habitudes de consommation. Les conducteurs peuvent surveiller en temps réel la disponibilité des carburants sur la plateforme officielle prix-carburants.gouv.fr. Enfin, les arrêtés préfectoraux interdisent systématiquement l'achat de carburant dans des jerricans ou des bidons en période de tension logistique.

Google News Voir les commentaires