Vous touchez une pension de réversion ? Cette décision peut la supprimer définitivement

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 12/08/2026
remariage
New Planet Media
Pensiez-vous que votre divorce avait scellé vos droits à la retraite de votre ex-conjoint ? Attention : un remariage, même des années plus tard, peut supprimer définitivement votre pension de réversion Agirc-Arrco ou réduire drastiquement celle du régime de base. Découvrez les plafonds 2026 et les règles d'or pour ne pas perdre ce filet de sécurité financier indispensable.

Dire « oui » à un nouvel amour constitue une belle aventure personnelle. Sur le plan financier, cette décision peut cependant modifier vos droits, notamment si vous percevez déjà une pension de réversion.

Contrairement à une idée répandue, cette pension n’est pas toujours acquise définitivement. Le mariage, le Pacs, le concubinage et les revenus du nouveau partenaire n’ont toutefois pas les mêmes effets selon le régime auquel appartenait votre conjoint décédé.

Le remariage supprime définitivement la réversion Agirc-Arrco

La règle la plus sévère concerne la retraite complémentaire des salariés du privé. Pour recevoir une réversion Agirc-Arrco, il faut avoir été marié avec la personne décédée et ne pas être remarié.

La pension correspond à 60 % des droits à retraite complémentaire acquis par le défunt. Elle est versée sans condition de ressources, mais un nouveau mariage entraîne sa suppression définitive.

Cette conséquence s’applique également lorsque la pension était déjà versée. Elle ne peut pas être rétablie après un divorce ou le décès du nouveau conjoint. La pension Agirc-Arrco s’arrête donc définitivement dès le remariage.

Le Pacs et le concubinage n’entraînent pas cette suppression. Ils ne permettent cependant jamais d’obtenir une réversion Agirc-Arrco après le décès du partenaire : seul un mariage ouvre ce droit.

Le régime de base ne supprime pas automatiquement la pension

Les règles de l’Assurance retraite sont différentes. La réversion du régime général représente 54 % de la retraite de base que percevait ou aurait perçue le conjoint décédé.

Le remariage, le Pacs ou le concubinage ne font pas disparaître automatiquement ce droit. En revanche, les ressources du nouveau ménage sont prises en compte. C’est l’une des principales différences entre retraite de base et retraite complémentaire.

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En 2026, les ressources annuelles brutes ne doivent pas dépasser :

  • 25 001,60 € pour une personne vivant seule ;
  • 40 002,56 € pour une personne vivant en couple.

Le plafond applicable au couple tient compte des revenus du conjoint, du partenaire de Pacs ou du concubin. Certaines ressources sont exclues du calcul, tandis que les revenus professionnels du bénéficiaire sont généralement retenus après un abattement de 30 % lorsqu’il a au moins 55 ans.

Si le total des ressources et de la pension dépasse le plafond, la réversion est réduite à hauteur du dépassement. Elle peut donc être diminuée ou ramenée à zéro selon la situation, mais il est imprécis d’écrire qu’elle est systématiquement « supprimée » dès que le plafond est franchi.

Le minimum de 334,92 euros existe déjà

Depuis le 1er janvier 2026, le minimum de la pension de réversion du régime général s’élève à 334,92 € par mois, lorsque le défunt avait validé au moins 60 trimestres.

Ce montant ne constitue pas une pension garantie à tous les bénéficiaires. Lorsque la durée d’assurance du défunt est inférieure à 60 trimestres, le minimum est réduit proportionnellement. La condition de ressources continue également de s’appliquer.

Il ne faut donc pas présenter ces 334,92 € comme une mesure encore à l’étude dans le cadre d’une future réforme des pensions de réversion.

Dans la fonction publique, toute nouvelle vie de couple compte

Pour le conjoint ou l’ex-conjoint d’un fonctionnaire, la pension de réversion correspond généralement à 50 % de la retraite du défunt. Elle n’est pas soumise au même plafond de ressources que celle du régime général.

En revanche, le bénéficiaire perd temporairement son droit lorsqu’il :

  • se remarie ;
  • conclut un Pacs ;
  • vit en concubinage.

À la différence de l’Agirc-Arrco, cette perte n’est pas nécessairement définitive. Lorsque la nouvelle union prend fin, le bénéficiaire peut demander le rétablissement de sa pension. Des restrictions subsistent néanmoins lorsque la réversion a déjà été attribuée à un autre conjoint ou à des orphelins.

La pension est partagée entre les anciens conjoints

Lorsque la personne décédée a été mariée plusieurs fois, la réversion peut être répartie entre le conjoint survivant et les anciens époux remplissant les conditions.

Dans le régime général comme dans plusieurs régimes publics, le partage dépend de la durée respective de chaque mariage. Une union ayant duré vingt ans ouvre ainsi une part supérieure à celle correspondant à un mariage de cinq ans.

Pour l’Agirc-Arrco, le calcul tient également compte de la durée du mariage par rapport à la durée d’assurance ou à l’ensemble des mariages, selon la présence ou non d’un conjoint survivant.

Faut-il préférer le Pacs au mariage ?

Sur le seul plan de la réversion Agirc-Arrco, le Pacs ou le concubinage permet de conserver une pension déjà attribuée, contrairement au remariage. Mais cette solution entraîne d’autres conséquences patrimoniales importantes.

Un partenaire pacsé n’est pas automatiquement héritier. Il faut rédiger un testament pour lui transmettre des biens. Le concubin dispose d’une protection successorale encore plus faible et les transmissions peuvent être lourdement taxées.

Avant de choisir un statut uniquement pour préserver une pension, mieux vaut comparer :

  • le montant annuel de la réversion susceptible d’être perdu ;
  • les droits successoraux de chacun ;
  • la protection du logement ;
  • la fiscalité du couple ;
  • les éventuels droits liés à la mutuelle ou à la prévoyance.

Un notaire ou un conseiller retraite peut réaliser cette comparaison avant toute décision.

Déclarer rapidement le changement de situation

Tout mariage, Pacs, début de concubinage, séparation ou changement important de ressources doit être signalé aux caisses concernées.

Une absence de déclaration peut entraîner la récupération des sommes versées à tort. La caisse réclamera alors le remboursement du trop-perçu, parfois sur plusieurs mois ou plusieurs années selon les circonstances.

Avant de modifier votre situation familiale, connectez-vous au service officiel Info Retraite et interrogez séparément les régimes auxquels votre ancien conjoint avait cotisé. Une règle Agirc-Arrco ne doit jamais être appliquée par erreur à la retraite de base ou à la fonction publique.

Enfin, aucune réforme générale n’a, à ce jour, harmonisé toutes ces conditions ni ouvert la pension de réversion aux partenaires pacsés. Ces propositions ont déjà été évoquées dans différents rapports, mais elles ne constituent pas un droit applicable en 2026.

Sources externes

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