Retraite : les 5 étapes indispensables pour corriger votre relevé et partir plus tôt

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 13/08/2026
Retraite : voici la meilleure date pour partir et payer moins d'impôts
Istock
Quitter la vie active exige une préparation minutieuse, tout particulièrement sur le plan fiscal. Les futurs pensionnés ignorent trop souvent qu'une indemnité touchée au mauvais moment risque de les propulser brutalement dans une tranche supérieure.
De nombreux actifs de plus de 50 ans ignorent que leur relevé de carrière comporte des erreurs pouvant différer leur départ. Des trimestres de chômage ou de service militaire sont souvent manquants, vous obligeant à travailler plus longtemps pour rien. Découvrez la marche à suivre pour régulariser votre situation auprès de la CNAV ou de la CARSAT et valider vos droits gratuitement grâce à la procédure "Corriger ma carrière".

Le passage à la retraite ressemble parfois à un parcours du combattant lorsque certaines périodes professionnelles ou interruptions d’activité n’apparaissent pas dans les fichiers des caisses. Vérifier son relevé de carrière suffisamment tôt permet de retrouver des emplois oubliés, des salaires mal reportés ou des trimestres assimilés absents.

Ces anomalies peuvent réduire le montant de la pension ou repousser la date à laquelle l’assuré atteint le taux plein. Une vérification année par année reste donc indispensable avant de déposer sa demande de retraite.

Une nouvelle pension sur neuf comporte une erreur

D’après le rapport de certification publié par la Cour des comptes en mai 2026, 11,1 % des pensions nouvellement attribuées par le régime général en 2025 comportaient une erreur ayant une incidence financière. Cela représente un peu plus d’une pension sur neuf, contre 10,5 % en 2024.

Cette statistique ne signifie toutefois pas qu’un relevé de carrière sur neuf est nécessairement erroné. Elle porte sur le calcul final des nouvelles pensions de retraite du régime général. Les erreurs peuvent provenir des données de carrière, mais également de l’application des règles de liquidation.

Environ trois quarts des erreurs recensées auraient été défavorables aux assurés. Leur impact est évalué à près de 1,1 milliard d’euros sur toute la durée de versement des pensions concernées, et non chaque année.

Un trimestre absent peut diminuer durablement la pension

Si vous partez avant 67 ans sans réunir la durée d’assurance nécessaire, chaque trimestre manquant réduit le taux de calcul de votre retraite de base. Le taux maximal de 50 % diminue de 0,625 point par trimestre manquant, soit une réduction relative de 1,25 %.

Vous avez aimé cet article ?

La pension peut également subir l’effet du coefficient de proratisation lié au nombre de trimestres validés. L’incidence exacte dépend donc de votre génération, de votre âge de départ et de la durée d’assurance requise.

À 67 ans, la décote disparaît automatiquement. Une carrière incomplète peut néanmoins continuer à réduire la pension par l’intermédiaire de la proratisation. Il convient donc de ne pas affirmer qu’un trimestre absent provoque systématiquement une décote de 1,25 % « à vie » dans toutes les situations.

Vérifier le service national et les périodes assimilées

Le service national peut valider un trimestre pour chaque période de 90 jours, dans la limite de quatre trimestres par année civile. Son inscription sur le relevé est normalement automatique. S’il n’apparaît pas, l’assuré peut demander sa régularisation en fournissant un état signalétique et des services.

D’autres périodes non travaillées peuvent ouvrir des droits sans avoir donné lieu à des cotisations classiques :

  • le chômage indemnisé valide un trimestre tous les 50 jours, dans la limite de quatre par année civile ;
  • la maladie indemnisée valide un trimestre pour chaque période de 60 jours d’indemnités journalières ;
  • la maternité, l’invalidité et certains accidents du travail peuvent également attribuer des trimestres ;
  • les anciens TUC et plusieurs stages de formation professionnelle peuvent désormais être pris en compte sous certaines conditions.

Ces trimestres sont dits « assimilés ». Ils augmentent la durée d’assurance, mais ne produisent pas toujours les mêmes effets que des trimestres cotisés, notamment pour certains départs anticipés.

Jusqu’à 20 trimestres après la fin du chômage indemnisé

Une période de chômage non indemnisé suivant immédiatement une période indemnisée peut être retenue pendant un an. Cette durée est portée à cinq ans, soit potentiellement 20 trimestres, lorsque trois conditions sont réunies :

  • avoir au moins 55 ans à la fin de l’indemnisation ;
  • avoir cotisé pendant au moins 20 ans, soit 80 trimestres ;
  • ne pas relever de nouveau d’un régime obligatoire d’assurance vieillesse.

Il ne s’agit donc pas de 20 trimestres accordés automatiquement à toute personne au chômage après 55 ans.

Les étapes pour corriger votre carrière

1. Examiner chaque année

Connectez-vous à votre compte sur Info-retraite.fr et ouvrez le service « Ma carrière ». Comparez les périodes enregistrées avec vos bulletins de salaire, contrats de travail et attestations d’indemnisation.

2. Repérer toutes les anomalies

Vérifiez les employeurs, les salaires soumis à cotisations, les trimestres et les points de retraite complémentaire. Une année incomplète ne signale pas toujours une erreur : quatre trimestres peuvent avoir été validés avec quelques mois de travail seulement.

3. Rassembler les justificatifs

Préparez les bulletins de salaire, certificats de travail, attestations de France Travail, relevés d’indemnités journalières et documents militaires. Transmettez des copies numériques et conservez soigneusement les originaux.

4. Utiliser le service de correction

À partir de 55 ans, le service « Corriger ma carrière » permet de signaler directement un emploi absent ou une incohérence aux régimes concernés. Avant cet âge, le service « Ma carrière » fournit les coordonnées des caisses à contacter.

5. Contrôler la nouvelle estimation

Une fois la régularisation effectuée, téléchargez un relevé actualisé et relancez le simulateur « Mon estimation retraite ». Vérifiez également vos points Agirc-Arrco : la correction du régime de base ne régularise pas nécessairement la retraite complémentaire.

N’attendez pas les dernières semaines précédant votre départ. Commencer les vérifications plusieurs mois à l’avance laisse davantage de temps aux différentes caisses pour examiner les justificatifs et corriger les droits.

Sources 

Google News Voir les commentaires