Prix des carburants : TotalEnergies annonce à nouveau des bénéfices records, l'État demande des comptes

Publié par Matthieu Chauvin
le 29/10/2026
Siège TotalEnergies
Istock
TotalEnergies affiche un bénéfice net de 8,3 milliards de dollars au troisième trimestre 2026, poussant le gouvernement à réclamer une baisse immédiate des tarifs du carburant.

Alors que le prix moyen du gazole franchit le seuil des 2,35 euros le litre sur le marché français, les résultats financiers du géant de l'énergie provoquent un choc politique. Face au mécontentement grandissant des ménages frappés par l'inflation, l'exécutif somme le groupe d'agir sans délai pour soulager le portefeuille des automobilistes.

Des résultats records qui ravivent la colère face aux prix du carburant

Ce jeudi 29 octobre 2026, TotalEnergies a dévoilé un bénéfice net trimestriel de 8,3 milliards de dollars, soit environ 7,45 milliards d'euros. Ce résultat financier traduit un bond de 125 % comparé aux 3,7 milliards de dollars enregistrés au troisième trimestre 2025.

Ces chiffres spectaculaires ont immédiatement fait réagir le gouvernement. La ministre de l'Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a exigé des actes de la part de l'entreprise sur BFMTV et RMC : "On a de la chance d'avoir un grand major pétrolier dans une crise telle que celle que l'on traverse […] Donc, nous, on demande à Total d'être exemplaire. On demande à Total de répercuter, encore une fois, à la baisse l'avantage de la libération des barils, de poursuivre son plafonnement autant que nécessaire, tant que cette crise perdure."

Cette annonce remet sur le devant de la scène le débat sur la taxation des superprofits. Plusieurs formations politiques et associations de consommateurs dénoncent un décalage insoutenable entre les gains d'une multinationale et les difficultés quotidiennes des Français à la pompe.

L'envolée du raffinage et les exigences de l'État

Cette rentabilité record repose sur l'envolée de la division raffinage-chimie, qui a généré 3,5 milliards de dollars, contre 687 millions un an auparavant, en raison de tensions mondiales persistantes sur le diesel. De son côté, la branche de gaz naturel liquéfié apporte 1,9 milliard de dollars. Dans un communiqué officiel, le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a souligné cette dynamique : "Dans un environnement de prix élevés, marqué par des marges de raffinage à des niveaux historiques et un marché du gaz haussier, TotalEnergies tire une nouvelle fois pleinement parti de son modèle intégré et de sa diversification géographique."

L'État focalise désormais ses demandes sur les stocks stratégiques, ayant "libéré" 10 millions de barils. Le ministère exige la répercussion intégrale, sur les tickets de caisse, des avantages financiers issus de la mise en circulation des réserves nationales de carburant.

La marge de manœuvre du gouvernement demeure néanmoins encadrée. Dans un marché ouvert de la distribution de carburant régi par la libre concurrence, contraindre légalement un groupe privé coté au CAC 40 reste complexe, obligeant le pouvoir politique à privilégier la pression publique et le sens des responsabilités.

Vous avez aimé cet article ?

L'impact direct de ce bras de fer sur votre plein

Dans ce climat de tension, le blocage des prix à 2,25 euros le litre mis en place dans les stations TotalEnergies fait l'objet d'une surveillance étroite. L'exécutif veille à son maintien effectif pour éviter une nouvelle flambée sur les autoroutes et dans les zones rurales.

Les automobilistes espèrent un repli marqué des tarifs. Si le déblocage des stocks stratégiques et les concessions tarifaires de la major pétrolière sont pleinement répercutés, les prévisions tablent sur une baisse ciblée entre 12 et 18 centimes le litre.

En attendant ces ajustements, les usagers de la route ont intérêt à comparer les prix entre la grande distribution, souvent positionnée à prix coûtant, et les stations traditionnelles. Les conducteurs modestes contraints de rouler pour travailler doivent également surveiller les éventuelles aides ciblées de l'État, comme l'indemnité carburant travailleur.

Google News Voir les commentaires