Présidentielle : un candidat accusé de sexisme par Ségolène Royal
Diffusées à quelques jours du scrutin interne, des captations sonores mettent à mal la stratégie portée par la tête de liste aux européennes. L'essayiste y emploie un registre inhabituellement agressif à l'égard de ses rivaux à gauche. Cette fuite inattendue installe un climat de vive tension avant l'ultime confrontation télévisée.
Des enregistrements volés qui font vaciller la primaire socialiste
Ces séquences compromettantes ont été captées lors d'une réunion militante tenue le 17 septembre 2026 aux côtés du député socialiste Boris Vallaud. Le site Le Média a diffusé ces échanges le 2 et le 3 octobre 2026, révélant des discussions internes sans filtre.
Dans ces extraits sonores, l'eurodéputé manie des formules d'une rare violence verbale. Évoquant la ligne de fermeté à tenir face à Jean-Luc Mélenchon et à Marine Le Pen, Raphaël Glucksmann lâche sans détour : "on leur pisse dessus." Il s'en prend également à Ségolène Royal, qu'il accuse sans ménagement d'avoir fait "la danse du ventre à Macro" par le passé.
La réaction des figures ciblées s'est manifestée sans attendre. Selon Le Figaro, Jean-Luc Mélenchon a vivement fustigé l'abandon de la "méthode de la nuance", pourtant érigée en étendard public par le fondateur de Place publique.
Sur son compte officiel X, Ségolène Royal s'est indignée contre "le sexisme consternant de cette remarque immature", ajoutant : "C'est une contre-vérité." L'ancienne candidate à l'élection présidentielle a aussitôt rappelé ses nombreux points de rupture avec le chef de l'État, des manifestations des Gilets jaunes jusqu'à sa révocation de sa mission d'ambassadrice pour les pôles.
Prise de court par cette déflagration médiatique, l'équipe de campagne de l'eurodéputé a d'abord choisi de garder le silence. Cet embarras initial traduit l'onde de choc subie par son état-major à la veille d'une émission déterminante sur BFMTV.
Fracture stratégique et risque d'implosion avant le premier tour
Cet incident marque une rupture nette avec l'éthique de tempérance affichée par le député européen sur les plateaux de télévision. Le décalage entre ses appels constants au débat apaisé et la crudité du lexique utilisé en coulisses brouille considérablement son positionnement auprès des électeurs.
Ces attaques reflètent les lignes de fracture idéologiques majeures qui scindent le Parti socialiste et ses alliés pour 2027. Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj campent sur un refus intransigeant de tout accord avec La France insoumise. De l'autre, le premier secrétaire sortant Olivier Faure et Ségolène Royal continuent de plaider pour le rassemblement indispensable de toutes les forces de gauche.
Cette tempête interne menace directement la dynamique du scrutin. Alors que le dernier débat réunit le 4 octobre 2026 les cinq prétendants en lice — Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel —, l'ambiance promet d'être électrique. Ce tumulte fait peser une incertitude lourde sur le vote militant programmé les 9 et 10 octobre 2026, avec un risque réel d'abstention ou de dispersion des voix de l'électorat social-démocrate.
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