Présidentielle 2027 : « Elles ont toutes refusé »… Marine Le Pen peine toujours à trouver une banque pour sa campagne

Publié par Sarah Martin
le 08/10/2026
Marine Le Pen
abacapress
© Lafargue Raphael/ABACA
Face au rejet unanime des banques françaises pour financer sa campagne présidentielle de 2027, Marine Le Pen réclame une modification d'urgence de la loi électorale.
 

À six mois de l'élection présidentielle, la candidate du Rassemblement national se heurte à une impasse budgétaire majeure. Sans trésorerie suffisante pour couvrir les frais engagés d'une campagne nationale, le parti cherche une issue de secours face aux verrous du système bancaire.

Un front bancaire unanime pousse le Rassemblement national à réclamer une réforme

En déplacement au Sommet de l'élevage à Cournon-d'Auvergne, Marine Le Pen a acté la fin de non-recevoir opposée par les établissements financiers nationaux. « Elles ont toutes refusé », a déploré la cheffe de file des députés RN, confirmant le rejet systématique de ses dossiers de demande d'emprunt selon des déclarations rapportées par Orange Actu. Face à cette impasse, la candidate préconise d'ouvrir le scrutin aux fonds des citoyens. Autoriser les prêts de personnes physiques « paraît être la mesure la plus rapide qui puisse être mise en œuvre et la plus simple », a-t-elle insisté devant la presse.

Le cadre juridique actuel verrouille pourtant strictement cette possibilité. Si les prêts de particuliers sont autorisés lors des élections législatives, la présidentielle demeure le seul scrutin où cette pratique reste prohibée par le code électoral. La législation électorale cantonne l'apport direct des citoyens à des dons strictement limités à 4 600 euros par personne physique.

Dettes passées et blocage démocratique compliquent l'équation financière

L'équation financière s'avère complexe pour la formation politique, qui doit honorer un passif budgétaire estimé à 8,5 millions d'euros de dettes à rembourser. Les réserves internes demeurent asséchées, notamment en raison des procédures judiciaires liées aux assistants parlementaires du Parlement européen. Autofinancer une campagne dont le plafond des dépenses autorisées atteint 22,5 millions d'euros pour le second tour relève de l'impossible.

Les solutions extérieures utilisées par le passé sont désormais closes. Après avoir souscrit un prêt de 9 millions d'euros auprès d'une banque russe en 2014, puis un emprunt de 10,7 millions d'euros auprès d'un établissement hongrois en 2022, le Rassemblement national subit les effets de la loi de septembre 2017 pour la confiance dans la vie politique, qui interdit tout financement bancaire accordé par une entité située hors de l'Union européenne.

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Les initiatives du pouvoir exécutif sont également restées lettre morte. Les discussions engagées l'été précédent par le gouvernement afin de mettre en place un consortium bancaire garanti par l'État n'ont pas abouti, faute d'adhésion des établissements privés. Ce blocage relance un vif débat institutionnel. Alors que les intentions de vote placent la candidate parmi les favorites de l'élection, les banques privées conservent leur liberté contractuelle et leur droit discrétionnaire de refuser un octroi de crédit sans justification, posant la question de l'accès équitable des forces politiques au suffrage universel.

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