Pendant que le prix des carburants flambe, les profits deTotalEnergies aussi

Publié par Matthieu Chauvin
le 29/09/2026
Siège TotalEnergies
Istock
Alors que les automobilistes subissent de plein fouet la flambée des prix à la pompe, TotalEnergies officialise une revalorisation annuelle de ses dividendes de plus de 5 % jusqu'en 2030.

La décision prise par le géant pétrogazier français accentue la fracture entre la rentabilité boursière des multinationales et les fins de mois difficiles des ménages. Dans un contexte de tensions géopolitiques qui renchérit le coût du baril, ce choix de gestion financière replace immédiatement la question du pouvoir d'achat au cœur du débat public.

Dividendes en forte hausse : l'annonce de TotalEnergies passe mal auprès des ménages

Le 28 septembre 2026, TotalEnergies a officialisé une trajectoire de redistribution particulièrement favorable à ses actionnaires. Approuvée la veille par son conseil d'administration, cette feuille de route prévoit une augmentation annuelle de son dividende par action supérieure à 5 % sur la période 2026-2030. La direction a confirmé le maintien d'un reversement d'au moins 40 % du flux de trésorerie, complété par un programme de rachats d'actions culminant à 2,5 milliards de dollars (environ 2,2 milliards d'euros) dès le quatrième trimestre 2026.

Cette politique de rémunération généreuse intervient alors que le litre de gazole et de sans-plomb reprend sa course vers les sommets dans l'Hexagone. Pour les millions de conducteurs contraints d'utiliser leur véhicule chaque matin, la pilule s'avère difficile à avaler. Le décalage entre la santé financière éclatante de l'énergéticien et le ticket de caisse des usagers ranime une exaspération palpable sur l'ensemble du territoire.

Des superprofits dopés par les tensions internationales sous le feu des critiques

Pour afficher une telle santé financière, le groupe s'appuie sur des résultats très solides. Selon les états financiers publiés par la multinationale, TotalEnergies a dégagé un bénéfice net consolidé de 5,4 milliards de dollars (4,8 milliards d'euros)) rien qu'au deuxième trimestre 2026, profitant directement du renchérissement du pétrole brut et du gaz sur fond de conflits persistants au Moyen-Orient. En parallèle, l'entreprise défend un cap industriel maintenant une hausse de sa production d'hydrocarbures de 2 à 3 % par an jusqu'en 2035 pour alimenter ses réserves de liquidités.

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Cette abondance financière alimente la colère des associations d'usagers et de l'opposition politique, qui dénoncent un modèle enrichissant les marchés financiers au détriment des conducteurs dépendants de leur voiture. Le député François Ruffin est monté au créneau le 29 septembre 2026 : "Il s'engage à augmenter les dividendes des actionnaires de plus de 5 % par an jusqu'en 2030. Qu'on indexe les salaires sur les dividendes !" Cette situation relance immédiatement les discussions parlementaires autour d'une taxe sur les superprofits et d'aides ciblées pour les travailleurs modestes.

Quand Patrick Pouyanné qualifie ses raffineries de "mines d'or"

Une déclaration de Patrick Pouyanné, PDG du groupe est particulièrement mal passée. Comme le rapporte BFMTV, il s'est félicité du fait que les raffineries européennes de TotalEnergies, autrefois déficitaires, "tournent toutes à plein régime et sont comme des mines d'or." Ces raffineries sont en effet indispensables pour produire le diesel dont les prix battent des records. La phrase exacte étant : "Certains font régulièrement le commentaire que nos raffineries européennes sont à la traîne, mais la réalité, c'est qu'elles ne le sont pas (...), elles tournent toutes à pleine capacité et elles sont comme des mines d'or, cette année."

Et les bénéfices risquent de flamber encore un peu plus : "Nous avons optimisé les rendements de toutes nos raffineries dans le monde afin de maximiser la production de carburants pour aviation et de diesel, car ce sont les produits dont on est le plus à court aujourd'hui, sur le marché", a indiquéVincent Stoquart, directeur général du raffinage et de la chimie pour le groupe, cité par nos confrères.

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