Lunettes et aides auditives : le gouvernement veut supprimer la pub (~200 M€/an)
Les promotions agressives et les écrans publicitaires vantant des paires gratuites pourraient bientôt disparaître de votre quotidien. La Direction de la Sécurité sociale entend réguler drastiquement la communication commerciale des opticiens et des audioprothésistes afin de préserver les comptes publics et assainir les pratiques.
L'exécutif engage l'interdiction de la publicité médicale
Le couperet réglementaire s'est abattu début septembre. La Direction de la Sécurité sociale (DSS) a présenté aux acteurs de la filière un projet de texte retirant l'optique médicale et les audioprothèses de la liste des dispositifs médicaux autorisés à faire de la réclame auprès du grand public, rapporte l'AFP.
Cette démarche met un terme à une dérogation issue de l'arrêté du 21 décembre 2012. Ce texte accordait jusqu'ici une exception pour ces appareils classés à faible risque médical. Pourtant, l'article L. 5213-3 du Code de la santé publique pose pour principe strict l'interdiction de toute promotion commerciale grand public pour les produits pris en charge par l'Assurance maladie.
Le calendrier s'accélère. Après la clôture du recueil des observations professionnelles le 20 septembre, le nouvel arrêté ministériel pourrait paraître au Journal officiel d'ici quelques semaines.
Un marché publicitaire colossal fracture la profession
Ce dossier secoue un secteur pesant lourdement dans les médias. Selon des données mesurées par Kantar, la filière optique injecte chaque année près de 200 millions d'euros en espaces promotionnels, hors réseaux sociaux. Le gouvernement cherche à tarir les surenchères nées de la réforme du « 100 % santé », où cadeaux, smartphones et secondes paires gratuites servent d'appâts marketing.
Les professionnels indépendants soutiennent fermement le texte. Hugues Verdier-Davioud, président de la Fédération nationale des opticiens de France (FNOF), fustige ce matraquage ayant transformé des soignants en « marchands d'accessoires ». Même son de cloche chez les audioprothésistes : « Cela fait 14 ans que nous demandons cette interdiction », rappelle Stéphane Gallégo, président du Syndicat des audioprothésistes (SDA), auprès d'Audiologie Demain.
À l'inverse, les grands réseaux montent au créneau. Le Rassemblement des opticiens de France (ROF) alerte sur les retombées financières. Laurent Lévy, administrateur du groupement, prévient via l'AFP : « Interdire la publicité, revient globalement à interdire les offres, et donc, obligatoirement, il va y avoir une envolée des prix des lunettes et des appareils auditifs ». Le syndicat craint également un recul des dépistages et des renouvellements, alors que 87 % des achats de lunettes font suite à un examen selon le cabinet Gallileo Business Consulting.
Les répercussions directes pour les futurs acheteurs
Pour les assurés, le paysage commercial changera profondément. Les campagnes massives promettant des remises immédiates cesseront sur vos écrans, obligeant chacun à comparer les tarifs directement en boutique sur devis. Les montures solaires neutres, non prises en charge par la Sécurité sociale, échapperont quant à elles à cette interdiction publicitaire.
L'accès aux soins sans reste à charge demeure intact. Le panier « 100 % santé » (classe A) reste obligatoirement proposé dans l'ensemble des magasins de France. Lors de votre prochain achat, il conviendra d'examiner attentivement ce devis normalisé pour conserver un remboursement intégral et éviter de subir les réajustements tarifaires attendus en magasin.
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