"Les taxe sur les carburants, moi ça ne m'empêche pas de dormir" : Roland Lescure regrette sa sortie "malheureuse"

Publié par Matthieu Chauvin
le 30/10/2026
Roland Lescure
abacapress
©Billioux Yannick/ABACA
Pris sous le feu des critiques après avoir déclaré que les taxes sur les carburants ne "l'empêchaient pas de dormir", le ministre de l'Économie Roland Lescure a fait son mea culpa ce vendredi 30 octobre 2026 alors que le litre de gazole frôle les 2,40 euros.

L'examen du projet de loi de finances pour 2027 tourne à l'épreuve de force pour l'exécutif au palais Bourbon. Sous la pression de cours pétroliers mondiaux en surchauffe, la flambée des tarifs à la pompe met à rude épreuve le pouvoir d'achat des automobilistes. Dans ce climat électrique, le dérapage verbal du locataire de Bercy a immédiatement déclenché un tollé général sur les bancs de l'opposition.

Roland Lescure présente ses excuses face à l'avalanche de critiques

Invité au micro de Franceinfo ce vendredi 30 octobre 2026, Roland Lescure a cherché à éteindre la contestation politique allumée quarante-huit heures plus tôt. Le ministre de l'Économie a reconnu une maladresse : "C'est une expression malheureuse que je regrette sincèrement d'avoir prononcée."

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La discorde remonte au 28 octobre dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, lors des débats budgétaires sur le PLF 2027. Justifiant le niveau des prélèvements obligatoires, le ministre avait rétorqué aux députés : "Les prix de l’essence sont plus élevés en France qu’ailleurs. La raison essentielle, c’est qu’on taxe plus qu’ailleurs, moi ce n’est pas une taxe qui m’empêche de dormir - je sais que ça en empêche de dormir d’autres -, ça permet de financer plein d’infrastructures, c’est très bien." Une déclaration perçue comme un affront par les usagers alors que le litre de gazole frôle les 2,40 euros dans les stations de l'Hexagone.

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La réplique des oppositions ne s'est pas fait attendre. Sur le réseau social X, Marine Le Pen a sévèrement tancé le ministre : "Sachez, M. Lescure, qu'elles empêchent des millions de travailleurs, d'entrepreneurs, de retraités et de familles de dormir et même de vivre. Votre dédain est insupportable." À gauche, les parlementaires ont fustigé un mépris social déconnecté du quotidien des Français et ont réclamé une ponction exceptionnelle sur les superprofits des groupes pétroliers.

Bercy refuse la baisse générale des taxes mais débloque les stocks stratégiques

En dépit de son repentir, le gouvernement maintient un cap d'inflexibilité budgétaire sur la fiscalité des carburants. Selon les estimations du ministère de l'Économie, accorder une ristourne générale de 20 centimes par litre engendrerait un manque à gagner de 10 milliards d'euros pour les finances publiques. Bercy exclut donc tout allègement massif et pérenne de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques dans le prochain budget.

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L'exécutif pointe du doigt une crise importée dont il ne maîtrise pas les ressorts. Les tensions géopolitiques majeures au Moyen-Orient conjuguées à la guerre en Ukraine tirent les cours du brut vers des sommets, pénalisant de plein fouet les ménages ruraux et les professionnels contraints d'utiliser leur voiture au quotidien.

Pour apporter un soulagement immédiat sans alourdir la dette, l'État actionne un levier logistique d'ampleur. Les autorités engagent le déblocage souverain de 10 millions de barils issus des réserves stratégiques dès les 1er et 2 novembre 2026. Cette mesure d'urgence doit déclencher un reflux mécanique estimé entre 12 et 18 centimes par litre à la pompe, tandis que des aides ciblées restent à l'étude pour les gros rouleurs.

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