Crise historique du pouvoir d’achat : 1 200 € perdus en moyenne par famille depuis 2024

Publié par Pierre-Antoine Martel
le 01/10/2026
pouvoir d'achat
Istock
Pourquoi votre salaire ne suffit plus à préserver votre budget
Courses, factures, transports… Les dépenses pèsent toujours plus lourd dans le budget des ménages. Des calculs publiés fin septembre évaluent la perte de pouvoir d’achat depuis 2024 à 1 200 euros pour une famille. Que signifie ce chiffre et comment limiter les dépenses ?

Une perte moyenne, pas une facture identique pour tous

Selon les calculs de l’Institut français d’économie réalisés pour Le Monde, la dégradation du pouvoir d’achat depuis 2024 représente 1 200 euros pour deux adultes et deux enfants, contre 600 euros pour une personne seule, en tenant compte de l’inflation.

Ces montants donnent un ordre de grandeur : ils ne correspondent pas à une somme retirée du compte bancaire de chaque foyer. Votre situation dépend de l’évolution de vos revenus, de vos charges et de la composition de votre famille.

L’Insee constate un recul de 0,7 % du pouvoir d’achat par unité de consommation en 2025, selon ses comptes annuels provisoires. Cet indicateur tient compte de la taille des ménages et des économies permises par la vie commune. Une nouvelle baisse est anticipée pour 2026, mais le bilan définitif de l’année n’est pas encore connu.

Derrière ces moyennes, les difficultés de pouvoir d’achat restent donc très différentes d’un foyer à l’autre.

Pourquoi une augmentation de salaire ne suffit pas toujours

Un salaire qui progresse ne garantit pas de pouvoir acheter davantage. Lorsque les prix augmentent plus rapidement que la rémunération, le montant versé sur le compte monte, mais sa valeur réelle diminue.

Les revalorisations salariales moins généreuses contribuent à cette pression. Dans sa note de septembre, l’Insee prévoit que les négociations salariales compenseraient tout juste la hausse des prix en 2026. La diminution attendue de l’emploi salarié fragiliserait également les revenus des ménages.

Autre distinction importante : le pouvoir d’achat ne dépend pas uniquement du salaire. Les pensions, les prestations sociales, les revenus du patrimoine et les prélèvements entrent aussi dans son calcul. Leur évolution peut amortir les difficultés ou, au contraire, les accentuer.

Vous avez aimé cet article ?

Enfin, une inflation moins forte ne signifie pas que les prix reviennent à leur niveau antérieur : ils augmentent simplement moins vite.

Commencer par les dépenses qui reviennent chaque mois

Pour dégager une marge, commencez par examiner vos prélèvements réguliers. Un abonnement oublié ou une formule devenue inadaptée mérite autant d’attention que les promotions du supermarché.

Trois postes peuvent être passés en revue :

  • L’énergie : comparez le coût annuel estimé, abonnement compris, à consommation identique. Une mensualité plus basse peut simplement annoncer une régularisation plus importante.
  • Le téléphone et Internet : vérifiez vos besoins réels, la durée des promotions et les éventuels frais de résiliation.
  • L’assurance emprunteur : un changement peut réduire la dépense, à condition que le nouveau contrat présente un niveau de garanties équivalent à celui exigé par la banque.

Les économies dépendent de votre contrat de départ : aucun montant ne peut être promis à tous les ménages.

Réduire les achats inutiles sans fragiliser son épargne

Pour alléger le panier de courses, comparez les prix au kilo ou au litre, préparez une liste et vérifiez vos réserves avant de partir. Une promotion n’est avantageuse que si vous consommez réellement les produits achetés. Les circuits courts, eux, ne sont pas systématiquement moins chers.

Si votre budget le permet, préservez une épargne de précaution disponible et sans risque de perte en capital. Son rôle est de financer un imprévu, pas de rechercher la meilleure performance.

Investir pour espérer dépasser l’inflation suppose d’accepter des risques et un horizon adapté. Un rendement supérieur n’est jamais garanti : placer l’argent nécessaire aux prochaines factures pourrait aggraver les difficultés.

Sources

 
Google News Voir les commentaires