Attaque raciste à Trappes : le suspect reconnaît avoir ciblé des personnes musulmanes ou d’origine africaine

Publié par Suruthi Srikumar
le 29/10/2026
Police nationale
Istock
Le suspect de la fusillade meurtrière de Trappes et La Verrière a reconnu devant les enquêteurs avoir délibérément ciblé des victimes en raison de leur religion ou de leur origine.

Six jours après l'attaque sanglante qui a endeuillé les Yvelines, l'enquête criminelle prend une tournure définitive avec le déferrement du tireur présumé devant un juge antiterroriste. Lors d'un point presse tenu ce 29 octobre, le procureur de la République antiterroriste a exposé les aveux de l'assaillant, balayant la thèse de l'acte insensé pour confirmer une entreprise idéologique mortifère. Ce passage à l'acte a fait un mort et sept blessés au cours d'un périple macabre de douze kilomètres.

Les aveux et le déferrement devant la justice antiterroriste

Au terme d'une garde à vue prolongée, le tireur de 39 ans, Kévin T., a été présenté ce jeudi aux magistrats instructeurs du Parquet national antiterroriste (PNAT). L'homme fait face à des poursuites pour « assassinat et tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste », avec la circonstance aggravante de racisme. Devant les policiers de la Sous-direction antiterroriste, l'assaillant a formalisé son dessein en confirmant avoir « spécifiquement ciblé des personnes (...) de type musulman ou africain ou nord-africain », selon les déclarations d'Olivier Christen, procureur national antiterroriste.

Le suspect justifie le choix de Trappes en qualifiant ouvertement la commune des Yvelines de « repaire d'islamistes ». Durant ses auditions successives, il n'a exprimé aucune empathie envers les victimes de son équipée, qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi, âgé de 26 ans, et blessé sept autres personnes. Le procureur a souligné que le trentenaire a affirmé « n'éprouver aucun regret » pour ses actes. L'homme a tout de même tenté d'atténuer sa violence en prétendant faussement ne pas avoir voulu toucher d'enfants en raison de leur taille, alors qu'une fillette figure parmi les blessés par balle.

Responsabilité pénale confirmée et arsenal prémédité

Alors que son passé médical laissait planer l'hypothèse d'une irresponsabilité liée à des troubles schizophréniques, les expertises psychiatriques ont écarté cette éventualité. Les praticiens ont conclu que le suspect « ne présente pas de symptômes de décompensation aiguë, ni de signes directs ou indirects en faveur d'une activité hallucinatoire ou délirante ». Cette expertise établit la pleine responsabilité pénale de Kévin T., qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité lors de son futur procès devant la cour d'assises spécialement composée.

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Les investigations matérielles démontrent une préparation logistique minutieuse. L'assaillant a tiré 128 cartouches avec un pistolet-mitrailleur Sten hérité de la Seconde Guerre mondiale, semant la terreur sur huit scènes de crime distinctes. À son domicile de Plaisir, les démineurs ont neutralisé un dispositif piégé associant des bouteilles de gaz reliées à un minuteur, conçu pour exploser après son départ. Les perquisitions ont également permis la saisie d'un silencieux, d'un chargeur, de deux poings américains et d'une baïonnette.

Enfin, les enquêteurs ont mis au jour une adhésion idéologique sans équivoque au domicile du suspect. Les policiers ont découvert un exemplaire de Mein Kampf, plusieurs ouvrages religieux, ainsi que des centaines d'autocollants nationalistes et partisans, dont 30 portant la mention « Vive la France, RN, fier d'être français » et 99 affichant « 100% français/vive la France ». 

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