Arrêté anti-alcool et drapeau soudanais : vif embrasement politique à Saint-Denis

Publié par Stéphane Leduc
le 14/10/2026
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Un arrêté municipal restreignant la vente d'alcool à Saint-Denis suscite une vive querelle politique nationale sur les réseaux sociaux, attisée par la présence confuse d'un drapeau soudanais.

L'annonce d'une mesure de sécurité aux abords de la gare de Saint-Denis a rapidement débordé du cadre municipal pour enflammer l'arène politique. Entre accusations confessionnelles et querelle d'armoiries sur les réseaux sociaux, cette décision administrative locale illustre l'extrême sensibilité du débat public dès qu'interviennent les thématiques de l'ordre et des symboles.

Un arrêté municipal et un drapeau au centre d'une tempête numérique

Pour endiguer les rixes nocturnes et le commerce à la sauvette, la municipalité a pris un arrêté interdisant la vente à emporter de boissons alcoolisées entre 19 heures et 6 heures du matin dans le périmètre de la gare. Cette disposition s'appuie sur l'article L. 2212-2 du Code général des collectivités territoriales, lequel confie au maire la responsabilité d'assurer le bon ordre, la sûreté et la salubrité publiques.

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Pourtant, cette mesure de police administrative a déclenché une salve de critiques, certains détracteurs y voyant une concession religieuse. L'élu Bally Bagayoko a vivement répliqué sur son compte X : « Si nous ne faisons rien nous sommes laxistes, si nous agissons nous sommes accusés de vouloir pratiquer la charia. À quand des sanctions pour les racistes qui passent leur temps à désinformer pour propager la haine ? »

La polémique a pris un tour inattendu avec l'apparition, en arrière-plan de sa communication, d'un drapeau soudanais. De nombreux internautes l'ont immédiatement pris pour l'étendard palestinien, en raison des quatre couleurs panarabes partagées par les deux emblèmes. 

Soudan et Palestine
Autre
Photo d'illustration

Si le drapeau palestinien aligne des bandes noire, blanche et verte avec un triangle rouge à la hampe, l'étendard du Soudan comporte des bandes rouge, blanche et noire surmontées d'un triangle vert. Cette méprise visuelle a immédiatement nourri moqueries et procès en maladresse.

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Instrumentalisation et fracture autour des symboles politiques

Cet emballement témoigne d'une polarisation idéologique aiguë. Un outil traditionnel de régulation urbaine se retrouve requalifié en affrontement doctrinal. Alors que de nombreuses communes recourent à des restrictions similaires pour préserver la tranquillité publique, l'interdiction de la vente d'alcool nocturne est ici assimilée par ses opposants à une dérive confessionnelle.

Cette lecture fiévreuse s'est appuyée sur l'erreur d'identification de l'étendard. Sur les plateformes numériques, le moindre repère visuel fait l'objet d'une surinterprétation immédiate, connectée sans nuance aux passions du conflit proche-oriental. L'irruption d'un symbole tiers dans une communication institutionnelle locale agit dès lors comme un accélérateur de tensions.

La ville de Saint-Denis confirme son statut de caisse de résonance des fractures politiques hexagonales. Déjà marquée par des controverses récurrentes autour de la laïcité, de l'autorité républicaine et de l'affichage de soutiens internationaux, la commune voit la gestion de son espace public systématiquement transposée sur le terrain d'une guerre culturelle nationale.

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