Après Royal contre Glucksmann, Édouard Philippe lance la guerre des mots contre Gabriel Attal

Publié par Matthieu Chauvin
le 22/09/2026
Edouard Philippe
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La parution de l'ouvrage politique Le Crépuscule des princes officialise la guerre ouverte entre Édouard Philippe et Gabriel Attal pour l'hégémonie du bloc central avant la présidentielle de 2027.

A gauche, la guerre est déclarée entre Ségolène Royal et Raphaël Glucksmann avant les primaires. Au centre-droit, les manœuvres pour l'après-Emmanuel Macron ne se jouent plus en coulisses. Alors que l'échéance électorale approche, les deux anciens Premiers ministres affichent désormais au grand jour leurs désaccords et leurs ambitions rivales. Cet affrontement direct fracture un camp présidentiel déjà fragilisé depuis la dissolution de l'Assemblée nationale.

Règlement de comptes au sommet : le livre qui dynamite l'unité du bloc central

L'onde de choc provient de l'ouvrage d'enquête Le Crépuscule des princes : Ses dauphins veulent le trône... mais pas son héritage !, rédigé par Jérémy Marot de l'AFP et Pauline Théveniaud de RTL, paru aux Éditions du Rocher. Au fil des 422 pages, les confidences recueillies dévoilent des rancœurs accumulées sans fard. L'ancien locataire de Matignon, en place pendant la pandémie de Covid, y formule des attaques frontales contre son successeur, qu'il juge particulièrement prématuré pour prétendre aux plus hautes responsabilités de l'État. Comme lorsqu'il le considère comme: "Amusant, mais aussi très, très immature."

Le maire du Havre cible sans détour le parcours gouvernemental éclair de son cadet. Dans l'ouvrage, Édouard Philippe assène : "Il n'a pas fait un an au ministère de l'Éducation nationale et il a fait six mois à Matignon." Il reproche ainsi à Gabriel Attal un profil d'appareil hors-sol, dépourvu d'ancrage électoral direct et d'expérience de gestion budgétaire à la tête d'un grand exécutif local. Allant jusqu'à le comparer à Édouard Balladur en 1995. "Balladur, c'était un type qui était élu parisien, qui n'avait jamais été élu local. Ça ressemble beaucoup à Gabriel…."

Duel pour l'après-Macron : coulisses, méthodes et risques d'implosion pour 2027

Deux visions stratégiques s'affrontent sans compromis. D'un côté, Édouard Philippe, fort de sa mairie du Havre et de son groupe Horizons, privilégie l'implantation territoriale et le temps long pour bâtir son assise. De l'autre, Gabriel Attal, à la tête du groupe Renaissance au Palais-Bourbon et secrétaire général du parti présidentiel, mise sur une cadence ultra-médiatique et une domination de l'appareil parlementaire.

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Chacun tente de s'affranchir de la tutelle d'Emmanuel Macron pour préparer l'avenir sans endosser le bilan des récentes crises. Pourtant, cette prise de distance s'opère dans le désordre, sans qu'aucun prétendant ne parvienne à imposer son autorité sur l'ensemble de la majorité relative. Les ponts semblent rompus entre les états-majors des deux formations.

Cette guerre fratricide menace directement la survie du centre à l'élection présidentielle de 2027. Sans mécanisme de primaire ni arbitrage accepté par les deux figures, une double candidature au premier tour risquerait de provoquer une élimination mécanique. Face à la progression constante du Rassemblement national et à la pression des blocs de gauche, la division neutralise leurs chances d'accéder au second tour.

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