Une danseuse avait été congédiée, en 2014, à son retour de congé maternité. Le tribunal a rejeté les critères de libre choix artistique invoqués par la défense.

Le droit est-il soluble dans l’art ? Non, a répondu, jeudi 9 novembre, le tribunal correctionnel de Lyon, en condamnant le directeur du ballet de l’Opéra de Lyon à six mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende, pour discrimination et harcèlement.

Yorgos Loukos, 67 ans, a été jugé coupable d’avoir écarté une danseuse de la troupe pour cause de maternité. Les juges ont estimé que la rupture de contrat relevait d’une infraction pénale, sans s’arrêter aux critères de libre choix artistique, invoqués par la défense. Ils ont condamné le directeur au versement de 20 000 euros de dédommagement à l’ancienne danseuse.

La décision fera date dans le monde de la danse, où les directeurs de ballet règnent en maîtres sur la carrière des danseurs. Pour l’avocat Thierry Monod, spécialiste en droit du travail, elle pourrait inspirer d’autres actions judiciaires, dans un univers très dur, sous des apparences de camaraderie complice. « Les artistes sont des personnes sensibles, fragiles, pas très procédurières, ils attendent que la parole se libère », a expliqué le défenseur de Karline Marion, 36 ans, danseuse congédiée en janvier 2014, au retour d’un congé maternité, après cinq ans au sein du ballet de Lyon.

Publicité
Le directeur de ballet a justifié son choix en évoquant des « faiblesses stylistiques », un « manque de spontanéité », une « contradiction avec la modernité du répertoire », dans le rapport...
Lire la suite sur Le Monde
Inscrivez-vous aux newsletters du Monde.fr

Vidéo - Retrouvez ci-dessous notre zapping Actu du jour :