Pour la presse et l'opinion publique, comme pour les membres de son parti, cela ne fait aucun doute : Nicolas Sarkozy sera candidat à la présidentielle. Même si à moins de 100  jours de l'élection, le président tarde encore à se déclarer… A tort ou à raison.

"Parfois l'attente fait monter le désir" aurait lancé Nicolas Sarkozy aux parlementaires UMP, réunis suite à son  allocution télévisée du  29 janvier dernier. Une intervention durant laquelle le président déclarait à 16,5 millions de spectateurs : "J'ai un rendez vous avec les Français, je ne me déroberai pas."

(…) "Si un jour je dois rentrer en campagne, à ce moment-là je serai le candidat… parfois je peux en avoir l'impatience tant je constate d'arrogance déplacée".  

 

"Il faut y aller !"

A droite, pourtant, certains s'inquiètent des sondages (qui placent Nicolas Sarkozy derrière François Hollande) et souhaitent que le président n'attende plus pour entrer en campagne : " Nous sommes dans un faux plat, constate le député UMP Damien Meslot, beaucoup de gens hésitent encore. Il faut que Sarkozy se lance. Il faut qu'il annonce sa candidature dans les quinze premiers jours de février. Il faut y aller ! "

Les députés sarkozystes qui arpentent la France sentent l'inquiétude des électeurs. " Les gens ont l'impression que tous les candidats battent la campagne, sauf lui ", insiste Meslot. Même sentiment pour le député de l'Hérault Jacques Domergue : " Le président agit sur tous les fronts mais les sondages ne décollent pas. La méfiance des Français à son endroit perdure. L'entrée en campagne pourra peut-être susciter un électrochoc… " 

 

"A compter du 15 février tout est possible"

Sarkozy avance sa candidature par petites touches. Et multiplie les "off" dans la presse… "Je ne vous dirai rien ! Je serai très secret, parce qu'il faut que je surprenne " aurait-il ainsi annoncé à ses troupes mercredi 1er février. " A compter du 15 février et jusqu'au 10 mars, tout est possible ! " Aurait également ajouté le président, en avouant que quand il sera en campagne  "ce sera plus simple pour lui ".

En attendant, le gouvernement sonne la charge en envoyant ses têtes d'affiches en première ligne : Alain Juppé face à François Hollande dans Des paroles et des Actes(jeudi 26 janvier), puis François Fillon face à Martine Aubry, une semaine plus tard dans la même émission.

" Il faut garder son sang-froid. C'est le moment d'utiliser les poids lourds de la majorité " glissait peu de temps auparavant l'ancien ministre Éric Woerth…  Car à l'Élysée, pas question de dévier du plan qui prévoit une déclaration " le plus tard possible ".  

" La perte du triple A n'a pas laissé de trace dans l'opinion. Les sondages sont relativement stables ", estime l'un des visiteurs réguliers du Palais. Pour qui l'exemple à ressasser aux sceptiques reste celui de Chirac à 13 % en janvier 95 face à Balladur à 35 % (donné ainsi – à tort – futur président). Ou encore François Mitterrand qui en 88 avait attendu le 22 mars pour se déclarer. Un mois seulement avant le premier tour...

 

"Un mois de campagne c'est suffisant"

Un ministre influent du gouvernement estime lui aussi qu' "un mois de campagne, c'est suffisant "

" Sarkozy se mettra à nu devant les Français, il dira avec humilité qu'il n'a pas tout réussi, mettra en perspective ce qui a marché, et proposera un chemin pour la suite. Il mettra tout sur la table d'un coup. Sur ce temps très court, il ira à la rencontre des Français. Plus il le fait tard, plus il a des chances que ce message soit retenu. Pour l'instant, il doit continuer à capitaliser sur le fait qu'il travaille."

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Pour le CSA en tous cas, M. Sarkozy est déjà en campagne. Le Comité Supérieur de l'Audiovisuel a en effet décidé, depuis le 29 janvier dernier, de comptabiliser son temps de parole dans les médias. A l'instar des autres candidats en lice pour l'Elysée…

 

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