Habitué à éplucher les comptes de l'Elysée et du gouvernement, René Dosière, le député enquêteur de l'Assemblée nationale, a accordé une interview au Nouvel Observateur dans laquelle il révèle quelques chiffres édifiants. Extraits.

Depuis quelques années déjà, René Dosière, député de Laon affilié PS, s'est fait une spécialité d'enquêter sur les compte du sommet de l'Etat. Dans son livre L'argent de l'Etat(à paraître le 2 février aux Editions du Seuil, 19,50 euros), il révèle les réponses qu'il a pu obtenir en posant et reposant de nombreuses questions, et en recoupant les informations dont il disposait.

Interrogé par le Nouvel Observateur, le député livre déjà quelques chiffres concernant le train de vie de l'Elysée et du gouvernement. Bien qu'il ait toujours du mal à obtenir les informations, René Dosière reconnait qu'"il y a clairement un avant et un après Sarkozy. Il a permis par exemple pour la première fois à la Cour des Comptes de contrôler son budget".

Le prix d'Air Sarko One ? 259 millions d'euros et pas 176, comme annoncéIl regrette cependant qu'on continue de lui cacher certains chiffres, concernant les déplacements du président de la République par exemple. "Je ne peux que procéder par recoupement. J'arrive à un total de 450 000 euros de frais de sécurité par déplacement. Cela fait cher la poignée de main aux Français".

Il est également surpris que l'on puisse communiquer des chiffres erronés : "il est aberrant par exemple que le ministère de la Défense ait affirmé aux représentants de la Nation que le nouvel avion du chef de l'Etat, le fameux Air Sarko One, avait coûté 176 millions d'euros, alors que le vrai montant de la facture se chiffre à 259 millions d'euros."

Le coût d'un ministre ? 17 millions d'euros tout comprisLorsqu'on lui demande quel est le coût d'un ministre, le député est clair : "selon mes calculs, 17 millions d'euros tout compris, avec son personnel et ses locaux", en précisant qu'"il n'est pas idiot de l'avoir en tête quand on forme un nouveau gouvernement". Il ajoute qu'un tiers de cette somme sert à la communication personnelle du ministre.

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Enfin, il rappelle l'étude qu'il avait déjà faite au cours du gouvernement Fillon II dans laquelle il démontrait que "la moyenne des trois plus hautes rémunérations de cabinet [ministériel, ndlr] culminait à 11 235 euros. Mes premières constatations sur le gouvernement Fillon III, en fonction depuis novembre 2010, montrent encore une augmentation substantielle de 20 à 30% des rémunérations".

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