Une soignante commet des empoisonnements en série dans un Ehpad pour voler des bijoux

Publié par Matthieu Chauvin
le 15/10/2026
Patiente Ehpad
Istock
Une aide-soignante de 53 ans a été mise en examen et écrouée, soupçonnée d'avoir administré des sédatifs à des résidentes vulnérables d'un Ehpad de Menton afin de dérober leurs bijoux.

L'affaire suscite une vive émotion parmi les familles et les soignants des Alpes-Maritimes. La suspecte, employée pour assister des personnes âgées dépendantes, se retrouve au cœur d'une procédure criminelle aux conséquences potentiellement dramatiques. Alors qu'un décès survenu cet été fait l'objet de vérifications approfondies, les investigations révèlent un système méthodique de prédation.

Une soignante écrouée après des intoxications ciblées et un décès suspect

Le dossier a basculé sur le terrain judiciaire à la mi-octobre. Une aide-soignante de 53 ans a été mise en examen le 10 octobre puis placée en détention provisoire. Selon les déclarations formulées le 14 octobre par Damien Martinelli, procureur de la République de Nice, la justice retient les chefs d'"administration de substance nuisible", de "vol facilité par l'état d'une personne vulnérable aggravé par une autre circonstance", ainsi que d'"administration de substance nuisible ayant entraîné la mort sans intention de la donner à une personne vulnérable."

L'alerte est partie du corps médical à la fin du mois de septembre. Une pensionnaire d'un Ehpad de Menton a été admise aux urgences dans un état de somnolence anormalement profond. D'après le procureur, toujours, "des analyses révélaient la prise d’un médicament ne faisant pas partie de son traitement. Des faits similaires étaient constatés le même jour concernant une autre résidente, avec le lendemain le constat de la disparition de bijoux."  Ce rapprochement clinique et matériel a aussitôt motivé un signalement auprès de la gendarmerie.

Les enquêteurs ont interpellé la soignante le 8 octobre. Les perquisitions menées à son domicile ont rapidement confirmé les soupçons : les gendarmes y ont découvert des bijoux volés ainsi que des produits médicamenteux. 

Durant sa garde à vue, l'agente a partiellement reconnu les faits. Elle a avoué avoir drogué les pensionnaires pour neutraliser leur vigilance et s'emparer de leurs biens afin de financer sa toxicomanie, tout en contestant la moindre intention homicide.

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Profil de la suspecte, zone d'ombre sur un décès et failles de sécurité

Les investigations s'étendent désormais bien au-delà de ce premier établissement. Les enquêteurs examinent le décès suspect d'une femme de 90 ans, intervenu fin juillet dans une autre structure du bassin mentonnais où la suspecte réalisait des vacations. 

Des expertises médico-légales et toxicologiques cherchent à établir si l'absorption forcée de molécules sédatives a causé la mort de cette résidente. Dans le même temps, les autorités contrôlent l'ensemble des établissements d'accueil où l'aide-soignante a exercé pour identifier d'éventuels vols non élucidés.

Le profil de la mise en cause soulève de vives interrogations sur les contrôles internes. La quinquagénaire avait déjà été condamnée en 2019 pour des faits identiques de vols ciblant des personnes âgées, une sanction assortie d'une interdiction temporaire d'exercer. 

Cet antécédent relance le débat sur la consultation du bulletin n°2 du casier judiciaire lors du recrutement des intervenants vacataires auprès d'un public vulnérable. Devant la cour d'assises, l'accusée encourt jusqu'à 20 ans de réclusion criminelle sous la qualification de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

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