25 octobre : le jour où l'obélisque de Louxor s'est dressé sur la place de la Concorde...
25 octobre 1836 : L'obélisque de Louxor s'élève sur la place de la Concorde
Après un périple maritime hors du commun de plusieurs années depuis l'Égypte, le gigantesque monolithe de granit rose de 230 tonnes doit enfin trouver sa place définitive à Paris. Offert à la France par le vice-roi Méhémet-Ali, ce joyau antique vieux de plus de trois mille ans représentait un défi logistique colossal que beaucoup jugeaient irréalisable avec les moyens techniques de l'époque.
Sous le regard attentif du roi Louis-Philippe Iᵉʳ et d'une foule immense de près de 200 000 curieux amassés autour de la place, l'ingénieur de la Marine Jean-Baptiste Apollinaire Lebas dirige la manœuvre avec un sang-froid légendaire. Grâce à un échafaudage monumental et à un système millimétré de cabestans actionnés par des marins, le monument de 23 mètres s'élève lentement dans les airs avant de se figer à la verticale sur son piédestal, effaçant le lourd passé révolutionnaire de l'ancienne place Louis-XV.
25 octobre 1881 : La bouffée de cigare qui sauva Pablo Picasso
À Malaga, la venue au monde du futur maître du cubisme tourne au drame immédiat. Le travail d'accouchement s'avère particulièrement long et éprouvant, tant et si bien que le nourrisson naît totalement inerte, incapable de faire entrer le moindre filet d'air dans ses poumons. Convaincue qu'il s'agit d'un enfant mort-né, la sage-femme abandonne le bébé sans vie sur une table d'appoint pour prodiguer en urgence des soins à la mère épuisée.
C'est alors qu'intervient son oncle, Don Salvador, médecin de profession venu assister la famille. Flegmatique et cigare aux lèvres, l'homme s'approche du nouveau-né abandonné et a l'idée saugrenue de lui expirer une épaisse volute de fumée de tabac en plein visage. L'irritation brutale fait miraculeusement réagir les bronches du petit Pablo, qui pousse instantanément un cri de protestation et s'ancre enfin dans la vie.
25 octobre 1838 : La naissance de Georges Bizet, génie méconnu de son vivant
Georges Bizet voit le jour à Paris au sein d'une famille de musiciens qui décèle très tôt chez lui une oreille absolue. Enfant prodige, il intègre le prestigieux Conservatoire de Paris à l'âge de neuf ans seulement et remporte rapidement le convoité Prix de Rome, laissant présager une carrière triomphale au sein de la scène lyrique française.
Pourtant, la reconnaissance tarde à venir et les critiques de l'époque se montrent souvent sévères avec ses partitions audacieuses, dont la célèbre suite orchestrale de L'Arlésienne. Lorsqu'il crée son chef-d'œuvre, Carmen, en mars 1875, le public de l'Opéra-Comique est dérouté par le réalisme et la liberté scandaleuse de l'héroïne. Terrassé par une crise cardiaque trois mois plus tard à l'âge de 36 ans, le compositeur s'éteint sans savoir que son opéra deviendra l'un des plus joués au monde.
25 octobre 1941 : La première rencontre entre Charles de Gaulle et Jean Moulin
Dans un Londres brumeux et bombardé par la Luftwaffe, un entretien capital se noue en secret au quartier général de Carlton Gardens. Charles de Gaulle, chef de la France Libre encore contesté par les Alliés, reçoit pour la première fois Jean Moulin, l'ancien préfet d'Eure-et-Loir révoqué par le régime de Vichy pour avoir refusé de signer un texte calomnieux accusant des tirailleurs sénégalais.
Passé par l'Espagne pour rejoindre la Grande-Bretagne, Jean Moulin remet au Général un rapport d'une précision chirurgicale sur l'état des mouvements de résistance en métropole. Cet échange décisif convainc de Gaulle de confier à Moulin la mission quasi impossible d'unifier les réseaux clandestins sous une autorité politique unique, jetant ainsi les bases du futur Conseil National de la Résistance.
25 octobre 1946 : La création du Centre national de la cinématographie
Au lendemain de la Libération, le cinéma français se trouve dans une situation critique, asphyxié par les pénuries matérielles et menacé par l'arrivée massive des productions hollywoodiennes sur les écrans. Le 25 octobre 1946, l'Assemblée nationale vote une loi fondatrice qui donne naissance au Centre national de la cinématographie, conçu pour restructurer la filière.
En instaurant un système inédit de soutien financier où les recettes de la billetterie réinvestissent directement la production locale, l'État invente le socle de ce que l'on nommera plus tard l'exception culturelle. Ce mécanisme vertueux a permis à des générations de cinéastes émergents de voir le jour et au cinéma tricolore de préserver son indépendance créative jusqu'à aujourd'hui.
25 octobre 1976 : La disparition de Raymond Queneau, l'artisan du verbe
Raymond Queneau s'éteint à Paris à l'âge de 73 ans, laissant derrière lui une empreinte indélébile sur les lettres francophones. Écrivain prolifique, lecteur influent chez Gallimard et membre de l'Académie Goncourt, cet amoureux des mathématiques et des sciences a passé sa vie à dynamiter la frontière entre langage populaire et rigueur intellectuelle.
Avec le mathématicien François Le Lionnais, il fonde en 1960 l'Ouvroir de littérature potentielle (Oulipo), un laboratoire littéraire prônant la contrainte formelle comme source infinie d'inspiration. Des célèbres variations stylistiques de ses Exercices de style à la gouaille savoureuse de Zazie dans le métro, portée à l'écran par Louis Malle, Raymond Queneau aura démontré avec malice que la langue française est un terrain de jeu sans limites.
25 octobre : Saint Crépin
Saint Crépin vécut au IIIe siècle. Issu d'une noble famille romaine, il se convertit au christianisme et partit évangéliser la Gaule en compagnie de son frère, saint Crépinien. Installés à Soissons, ils choisirent d'exercer le métier de cordonnier afin de subvenir eux-mêmes à leurs besoins tout en restant proches du peuple. Ils profitaient de leur travail pour annoncer l'Évangile et distribuaient souvent des chaussures gratuitement aux plus démunis. Lors des persécutions ordonnées par l'empereur Dioclétien, ils furent dénoncés et arrêtés en raison de leur foi. Malgré les tortures infligées sous les ordres du préfet Rictiovarus, les deux frères refusèrent d'abjurer leur foi chrétienne. Ils moururent en martyrs, décapités vers l'an 286. Saint Crépin est traditionnellement vénéré comme le saint patron des cordonniers, des tanneurs et de tous les métiers du cuir.
Les saints du jour
Outre saint Crépin, le calendrier célèbre plusieurs autres figures spirituelles le 25 octobre :
- Saint Crépinien, frère et compagnon de martyre de saint Crépin.
- Saint Front de Périgueux, évangélisateur du Périgord au IIIe siècle.
- Saint Gaudence de Brescia, évêque et théologien du IVe siècle.
- Saint Bernard Calvo, moine cistercien puis évêque de Vic en Espagne au XIIIe siècle.
- Bienheureux Thaddée Machar, évêque irlandais mort au XVe siècle lors d'un pèlerinage vers Rome.
Les célébrités portant ce prénom
Le prénom Crépin et sa déclinaison internationale Crispin sont portés par quelques personnalités :
- Crépin Diatta, footballeur international sénégalais qui évolue au poste d'ailier.
- Crépin Mboli-Goumba, avocat, écrivain et homme politique centrafricain.
- Crispin Glover, acteur, réalisateur et scénariste américain, connu notamment pour son rôle dans le film Retour vers le futur.
- Crispin Freeman, acteur et comédien de doublage américain.
- Crispin Bonham-Carter, acteur britannique reconnu pour son rôle de Mr. Bingley dans l'adaptation télévisée de Orgueil et Préjugés.
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