9 septembre : le jour où la France sauva Paris sur la Marne… et où un papillon provoqua le premier bug informatique

Photographie d'époque de la bataille de la Marne
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En ce 9 septembre jour de la Saint-Alain, tandis que le sursaut héroïque de la Marne brise l'invasion allemande et que la Corse s'insurge pour devenir le premier morceau de France libéré, la poésie swingue à la naissance de Claude Nougaro au chevet d'un droit d'auteur enfin universel. Pourtant, au cœur de ces bouleversements majeurs, c'est un minuscule intrus aux ailes poussiéreuses qui s'apprête à gripper une machine pionnière pour enrichir à jamais notre vocabulaire moderne.

9 septembre 1886 : La signature de la Convention de Berne

Au XIXe siècle, les créateurs vivaient dans l'angoisse permanente de voir leurs écrits, leurs partitions et leurs toiles allègrement contrefaits sitôt franchies les frontières nationales. Écœuré par ce pillage organisé qui laissait les artistes sans recours face aux éditeurs étrangers peu scrupuleux, Victor Hugo prend la tête d'une véritable croisade intellectuelle dès 1878 en fondant l'Association littéraire et artistique internationale. Ce combat acharné aboutit le 9 septembre 1886 à Berne, en Suisse, où une dizaine d'États pionniers signent un traité révolutionnaire posant les premières pierres de la propriété intellectuelle moderne.

La Convention de Berne introduit un principe capital : la reconnaissance automatique et universelle du droit d'auteur. Désormais, une œuvre créée dans un pays signataire bénéficie des mêmes protections légales dans tous les autres, sans qu'aucune formalité administrative préalable ne soit requise. Devenue le socle de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle et adoptée aujourd'hui par près de 180 pays, cette convention protège toujours le travail des créateurs face aux bouleversements numériques contemporains.

Pourtant, si ce cadre juridique commence enfin à sécuriser les créateurs, il ne peut préserver la santé fragile des artistes de génie, comme l'attestera quinze ans plus tard le destin tragique d'un peintre emblématique de Montmartre.

9 septembre 1901 : La disparition d'Henri de Toulouse-Lautrec

Photographie d'époque en noir et blanc du peintre Henri de Toulouse-Lautrec dans son atelier parisie
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Le 9 septembre 1901, dans le calme feutré du château de Malromé en Gironde, Henri de Toulouse-Lautrec rend son dernier souffle à seulement trente-six ans, veillé par sa mère aimante, la comtesse Adèle. Miné dès l'enfance par une maladie osseuse congénitale qui avait brisé son destin d'aristocrate, le peintre avait également succombé aux excès d'une existence tumultueuse, ravagé par l'alcoolisme et les ravages de la syphilis. Sa disparition précoce fauche en plein vol l'un des regards les plus singuliers et avant-gardistes de la fin du XIXe siècle.

Immortel chantre de la bohème parisienne, Toulouse-Lautrec a sublimé la vie nocturne de la Belle Époque, croquant sans complaisance les danseuses de cabaret, les artistes de cirque et les coulisses des maisons closes. En révolutionnant l'art de la lithographie pour des figures mythiques comme Jane Avril ou Aristide Bruant, il s'est imposé comme le père de l'affiche publicitaire moderne et une figure majeure du postimpressionnisme, léguant une œuvre immense dont la liberté graphique continue de fasciner le monde entier.

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Mais treize ans après la disparition de ce virtuose des nuits parisiennes, ce ne sont plus les rires des cabarets qui font vibrer les abords de la capitale, mais le grondement assourdissant d'une guerre industrielle sans précédent.

9 septembre 1914 : Le tournant décisif de la bataille de la Marne

En ce début de septembre 1914, le destin de la France ne tient plus qu'à un fil. Après la terrible retraite des frontières, les armées impériales allemandes déferlent vers le sud en application du plan Schlieffen, avec l'ambition d'anéantir Paris en quelques semaines pour sceller la victoire à l'ouest. C'était sans compter sur l'audace du général Gallieni, gouverneur militaire de la capitale, et le sang-froid du généralissime Joffre, qui repèrent une brèche fatale entre les armées des généraux von Kluck et von Bülow. C'est alors qu'intervient l'épisode légendaire des taxis parisiens réquisitionnés pour acheminer en urgence des milliers de fantassins au front.

Le 9 septembre 1914 marque le dénouement de cet affrontement titanesque. Menacées d'encerclement par la contre-offensive vigoureuse des troupes franco-britanniques, les forces allemandes ordonnent un repli général vers l'Aisne. Ce redressement spectaculaire, aussitôt baptisé "miracle de la Marne", sauve Paris in extremis et ruine définitivement les espoirs allemands d'un conflit éclair, précipitant l'Europe dans la sinistre réalité d'une guerre de tranchées qui durera quatre longues années.

Le fracas des canons finira certes par s'éteindre en 1918, mais les années de paix qui suivent offriront au pays un tout autre souffle créatif, célébré jour pour jour quinze ans plus tard dans le Sud-Ouest par la naissance d'un alchimiste des mots.

9 septembre 1929 : La naissance de Claude Nougaro

Le 9 septembre 1929, les premiers vagissements du jeune Claude Nougaro résonnent dans le quartier populaire des Minimes, à Toulouse. Fils d'un baryton renommé de l'Opéra et d'une professeure de piano virtuose, l'enfant grandit naturellement dans un univers saturé de musique classique. Pourtant, ce ne sont pas les envolées d'opéra qui feront battre son cœur, mais la puissance d'évocation des mots et les rythmes syncopés venus des Amériques, découverts à la radio et dans les caves de jazz.

Doté d'une voix rauque et d'une présence scénique d'écorché vif, Nougaro va bâtir un pont magistral entre la grande poésie francophone, la bossa nova brésilienne et le swing américain. D'Armstrong au Jazz et la Java, en passant par son vibrant hommage d'amour à sa ville natale Toulouse jusqu'à la fulgurance funk de son album Nougayork, il a façonné un répertoire intemporel où la langue française claque comme un instrument de percussion et résonne au panthéon de la chanson.

Tandis que le jeune Toulousain n'a encore que quatorze ans et contemple le monde de son regard d'adolescent, une autre jeunesse, sur l'île de Beauté, décide de prendre son destin en main et d'écrire l'une des pages les plus héroïques de la Résistance.

9 septembre 1943 : Le soulèvement héroïque de la Corse

Photographie d'époque en noir et blanc montrant des résistants corses armés, postés dans le relief m
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Au lendemain de l'annonce de l'armistice italien du 8 septembre 1943, une onde de choc traverse la Corse. Désobéissant aux consignes d'attente imposées depuis Alger, les patriotes insulaires du Front national de la Résistance choisissent d'agir sans délai. Le 9 septembre, les rues d'Ajaccio et de Bastia se soulèvent : l'insurrection populaire armée est proclamée, jetant les maquisards corses dans un combat direct et courageux contre l'occupant nazi.

Bénéficiant du ralliement de soldats italiens qui retournent leurs fusils contre la Wehrmacht, et rapidement renforcés par les troupes françaises libres du bataillon de choc acheminées par le sous-marin Casabianca, les résistants insulaires mènent une guérilla impitoyable dans le relief tourmenté. Dès le 4 octobre 1943, l'île est totalement libérée du joug fasciste et nazi, devenant officiellement le "premier morceau de France libéré", selon la formule historique prononcée avec ferveur par le général de Gaulle.

Alors que l'Europe se reconstruit lentement au lendemain de ces années de cendres, de l'autre côté de l'Atlantique, la révolution informatique en marche s'apprête à faire face à un adversaire microscopique mais légendaire.

9 septembre 1947 : Le tout premier « bug » informatique de l'histoire

Gros plan sur un relais électromécanique d'un ordinateur géant des années 1940, montrant des composa
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Ce jour-là, à 15 h 45 précises, une incompréhension totale règne dans le laboratoire de calcul de l'université Harvard. Le Harvard Mark II, un monstre électromécanique composé de plusieurs tonnes de câbles et de milliers de relais mécaniques, utilisé par l'US Navy, se fige subitement au milieu de ses calculs balistiques. L'équipe d'ingénieurs, travaillant sous la houlette de la célèbre informaticienne Grace Hopper, entreprend alors une inspection minutieuse pour localiser l'origine de cette panne inexplicable.

Après avoir traqué le dysfonctionnement parmi un labyrinthe de pièces métalliques, les techniciens finissent par découvrir le coupable au niveau du relais numéro 70 du panneau F : un simple papillon de nuit s'était faufilé dans la machine avant d'être écrasé entre deux lames de contact, bloquant le circuit électrique. L'insecte est alors délicatement extrait à la pince à épiler par des scientifiques amusés par l'improbabilité de la situation.

Non sans malice, l'équipe scotche le cadavre du lépidoptère directement sur le carnet de bord officiel du projet, accompagnant l'insecte d'une mention entrée dans la postérité : "First actual case of bug being found" ("Premier cas réel de punaise/insecte trouvé"). Si l'expression argotique existait déjà depuis Thomas Edison pour désigner un souci mécanique, ce jour de 1947 lui a donné son sens le plus littéral et le plus célèbre, le carnet original et son insecte momifié étant aujourd'hui conservés au Smithsonian Museum de Washington.

9 septembre : Saint Alain

Saint Alain, généralement identifié au bienheureux Alain de la Roche, naît en Bretagne vers 1428. Entré chez les Dominicains à Dinan, il devient un théologien renommé et enseigne à Paris, à Gand puis à Rostock. Marqué par une foi profonde et des visions mariales, il consacre sa vie à la diffusion de la prière du Rosaire à travers l'Europe du Nord et la France. Il est à l'origine de la création des premières confréries du Rosaire, structures qui ont permis de populariser cette dévotion auprès des fidèles. Alain de la Roche s'éteint le 8 septembre 1475 à Zwolle, aux Pays-Bas, et sa mémoire est traditionnellement célébrée le 9 septembre.

Les saints du jour

En plus de Saint Alain, le 9 septembre met à l'honneur d'autres figures importantes de la tradition chrétienne :

  • Saint Pierre Claver : prêtre jésuite espagnol, missionnaire en Colombie, proclamé patron des missions auprès des peuples noirs pour son dévouement inlassable envers les esclaves africains au XVIIe siècle.
  • Saint Omer (ou Audomar) : évêque de Thérouanne au VIIe siècle, évangélisateur de la Flandre et fondateur de l'abbaye de Saint-Bertin.
  • Saint Gorgon : martyr chrétien du IVe siècle à Nicomédie, victime des persécutions de l'empereur Dioclétien.
  • Bienheureux Jacques-Désiré Laval : prêtre spiritain français du XIXe siècle, médecin de formation, devenu missionnaire et apôtre des populations affranchies de l'île Maurice.

Les célébrités portant ce prénom

  • Alain Delon : monstre sacré du cinéma français et international, célèbre pour ses rôles dans des classiques comme Le Samouraï, Rocco et ses frères et Plein Soleil.
  • Alain Prost : pilote automobile français, quadruple champion du monde de Formule 1 et figure emblématique de ce sport dans les années 1980 et 1990.
  • Alain Souchon : auteur-compositeur-interprète et acteur, incontournable de la chanson française avec des titres comme Foule sentimentale.
  • Alain Bashung : auteur-compositeur-interprète et comédien français, figure majeure du rock et de la chanson poétique avec des morceaux tels que Gaby oh Gaby ou Vertige de l'amour.
  • Alain Resnais : réalisateur et scénariste français, figure de proue de la Nouvelle Vague et auteur de chefs-d'œuvre comme Hiroshima mon amour.
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